vin Wino wine – le blog vin de Marie Joanna Roginska


Bordeaux – livrables 2017 # coups de coeur

Bordeaux livrables 2017

Tout d’abord un bref rappel de conditions climatiques du millésime 2017 à Bordeaux

 

C’est un millésime miracle pour certain, le millésime injuste pour d’autres, d’ores et déjà c’est un millésime qui dès sa sortie a fait beaucoup parlé de lui, continue de nous surprendre à chaque dégustation.

Certes beaucoup de producteurs ont été touché par les deux épisodes du gel : du 22 et 23 avril ainsi que 27 et 28. Certains ont perdu une parti ou même une récolte entière sur un cru.

Au total ces deux épisodes ont détruit de 30 à 50% de la récolte 2017 en Gironde.

Hélas, le millésime 2017 rappelle durement les risques de tous le jours associés à la viticulture.

 

L’année 2017 restera en effet dans la mémoire collective en raison de ce fameux gel de la fin avril qui a anéanti près de la moitié de la récolte bordelaise.

 

Il a mis à rude épreuve surtout les propriétaires de la rive droite, mais également n’a pas épargné certains de la rive gauche.

Comme souvent, les dégâts furent aussi importants qu’inégaux, épargnant des appellations entières alors que certains crus ne produisirent rien ou quasiment pas de raisins en 2017.

Pour ces raisons évoquées, il s’agit d’un millésime d’extrêmement hétérogène.

 

Les rendements sont nettement plus faibles qu’en 2016, notamment en raison des épisodes de gel évoqués ci-dessus.

 

Pour les cépages rouges, les Merlots, dont le potentiel était très intéressant fin août, subissent les conséquences des précipitations de début septembre.

Leur récolte doit être par endroit anticipée au cours de la deuxième décade de septembre afin de limiter le développement de la pourriture grise.

 

Les Merlots n’ont pas bénéficié de conditions idéales pour achever leur maturation, excepté sur les sols les plus tardifs (calcaires et argilo-calcaires).

 

Une arrière-saison ensoleillée et sèche a permis de récolter des Cabernet-Sauvignon à maturité et dans de bonnes conditions.

 

Une des caractéristiques des raisins rouges de 2017 est sûrement leur teneur élevée en acide malique, conjuguée à un potentiel tannique plus faible que d’habitude.

La maturité technologique fut néanmoins convenable, avec une fraîcheur aromatique marquée, mais un potentiel polyphénolique modéré.

 

Pour les vins liquoreux, les caractéristiques climatiques du mois d’août ont globalement permis le développement du Botrytis.

Le temps sec et chaud de la fin de l’été a d’abord entraîné des phénomènes de passerillage, puis les pluies de début septembre ont déclenché l’installation du champignon.

 

Conclusion

 

Le millésime 2017 constitue une réussite majeure pour les vins blancs secs de Bordeaux, nettement supérieurs aux 2015 et 2016.

Les sauvignons sont mûrs et vifs, très aromatiques, avec beaucoup de race et d’éclat.

 

Les vins liquoreux de pourriture noble impressionnent par leur richesse et leur puissance. Issus d’un développement rapide et homogène du Botrytis.

Ils possèdent une grande pureté et une forte intensité aromatique. Ils ont su préserver de l’acidité permettant d’équilibrer une concentration en sucre souvent élevée.

 

Les rouges du millésime 2017 se révèlent très satisfaisants dans les propriétés épargnées par le gel.

Ils sont colorés, dotés d’un intense arôme fruité, certes, ils ne sont pas aussi denses que dans les grands millésimes, mais possèdent un caractère savoureux très séduisant.

En revanche, les vins rouges issus de parcelles gelées portent les stigmates du traumatisme de la vigne, dans certains cas, ils sont végétaux manquent de chair.

 

A rappeler que la rive droite et surtout l’appellation Saint-Émilion a été plus durement touchée par le gel, certains château comme Dassault, Fonbel, Rol Valentin, Larmande, Lamarzelle Figeac, Fleur Cardinale et bien d’autres, n’ont pas ou quasiment pas produit de vins en 2017.

 

 

 

Livrables 2017, collection Oenoconseil (dégustation, janvier 2020)

Top 20 – coups de cœur sur 60 vins dégustés

 

Ch Noaillac Prestige, Médoc 16,5/20

Ch La Tour de By Héritage, Médoc 16/20

Ch Fleur La Motte, Médoc 16/20

Ch Martin, Haut-Médoc 16/20

Ch Bernadotte, Haut-Médoc 16,5/20

Ch Chemin Royal, Moulis 16,5/20

Ch La Garricq, Moulis 16,5/20

Ch Lestage, Listrac 15/20

Ch La Bessane, Margaux 16,5/20

Ch La Galiane, Margaux 16/20

Ch La Bridane, Saint Julien 16,5/20

Ch Tour Sieujean, Pauillac 16/20

Domaine les Sadons, Pauillac 16,5/20

Ch Haut Marbuzet, Saint-Estèphe 16,5/20

Ch Martin, Saint-Estèphe 16/20

Ch La Croix de Pez, Saint-Estèphe 16/20

Ch Tournefeuille, Lalande de Pomerol 16/20

Ch La Renaissance, Pomerol 16/20

Ch Martinet, Saint-Emilion Grand Cru 15,5/20

Ch Queyron Pindefleurs, Saint-Emilion Grand Cru 15,5/20

 

 

A propos de l’Oenoconseil

 

Crée en 1990 à Preignac, structure du conseil ontologique au service de producteurs sur l’ensemble des vignobles du bordelais

Aujourd’hui, c’est une histoire d’amitié de quatre œnologues : Antoine Medeville, Henry Boyer, Edouard Massie et Arnaud Chambolle.

Ensemble ils ont crée quatre pôles œnologique avec de laboratoires à : Preignac, Pauillac, Beychac & Caillou et à Saint-Emilion.

Au total 250 propriétés font appelle à eux pour un conseil personnalisé qui respecte l’esprit et le terroir de chacun.

 

 

 

Livrables 2017 l’Union des Grands Crus de Bordeaux

(dégustation, février 2020)

 

Top 20 – coups de cœur sur 60 vins dégustés

 

Ch Les Carmes Haut Brion, Pessac 19/20

Domaine de Chevalier, Pessac 18/20

Ch Haut-Bailly, Pessac 18/20

Ch Smith Haut Lafitte, Pessac 17,5/20

Ch Canon, SEGCC 18,5/20

Clos Fourtet, SEGCC 17,5/20

Ch La Gaffelière, SEGCC 17,5/20

Ch Pavie Macquin, SEGCC 18/20

Ch Valandraud, SEGCC 18/20

Ch Le Bon Pasteur, Pomerol 17/20

Ch La Cabanne, Pomerol 17/20

Ch Gazin, Pomerol 17,5/20

Ch La Lagune, Haut-Médoc 17/20

Ch Brane Cantenac, Margaux 18,5/20

Ch Rauzan-Ségla, Margaux 18 /20

Ch Léoville Barton, Saint Julien 18/20

Ch Léoville Poyferré, Saint Julien 18,5/20

Ch Clerc Milon, Pauillac 17,5/20

Ch Lynch-Bages, Pauillac 18/20

Ch Phélan Segur, Saint-Estèphe 17,5/20

 

A propos de l’UGCB

 

Au début des années 1970, à l’occasion d’un voyage au Japon, un petit groupe de propriétaires de châteaux pose les jalons de l’Union des Grands Crus de Bordeaux dans le but de développer des actions de promotion à travers le monde.

Il sera rapidement suivi par un certain nombre d’autres Grands Crus, désireux eux aussi d’étendre leur notoriété au-delà des frontières.

Aujourd’hui, forte de ses différences et de ses valeurs communes de partage, l’Union rassemble 134 Châteaux, les Grands Crus répartis sur l’ensemble des appellations bordelaises les plus prestigieuses.

 

« C’est grâce à ce lien privilégié, construit dans la durée, que nous pouvons faire valoir notre message de qualité : la force d’un Grand Cru, c’est son histoire, celle d’un savoir-faire sans cesse actualisé, transmis depuis plusieurs siècles, de génération en génération… »

Ronan Laborde, Président de l’UGCB

 

Adresses utiles :

http://www.oenoconseil.com

http://www.ugcb.net

 

Commentaires fermés sur Bordeaux – livrables 2017 # coups de coeur


Vendanges 2019 à Bordeaux, rencontre avec Antoine Médeville, oenologue # toutes premières impressions

La période de vendanges est un moment crucial si bien pour les producteurs que pour les œnologues-conseil, ainsi que pour de laboratoires œnologiques.

Alain Médeville dans les vignes de Château Fleur la Mothe, cru bourgeois de Médoc. 13 ha de vignes sur le beau terroir de  graves (gravier de quartz et de gros sable)

 

Juste avant les premiers coups de sécateurs dans les vignes blanche, j’ai fais une tournée de vignobles médocains de Listrac avec le Château Fonréaud jusqu’au nord du Médoc au Château Fleur la Mothe en passant par Margaux, le Château la Galiane ; en compagnie d’Antoine Médeville co-directeur de laboratoire Oneoconseil avec son siège à Pauillac et co-propriétaire de  Château Fleur la Mothe, crus bourgeois de Médoc.

 

Bref analyse de la météo par Antoine Médeville juste avant les premiers coups de sécateurs :

 

« Après un printemps assez frais et un été caniculaire, nous ne notons pas de stress hydrique important. Seules quelques parcelles de jeunes vignes sur sol drainant ont légèrement marqué le pas. Sur les sols argileux, la vigne a cessé de pousser à la fin du mois d’août, marquant ainsi une bonne alimentation hydrique »

 

Les vendanges des blancs ont débuté dans le Médoc au début de septembre par les terroirs les plus précoces, sachant que la vigne dans sa globalité avait envieront une semaine de retard par rapport au millésime 2018 qui a été dans certains secteurs plutôt précoce.

Aujourd’hui, pour arriver à exprimer au mieux le potentiel de chaque parcelle de vigne en vue de la météo plus en plus capricieuse, il faut un vrai travail de la «haute couture ». Il faut passer plusieurs fois dans chaque parcelle de vigne, vendanger tout simplement à la carte.

Sauvignon Blanc au Château Fonréaud, Listrac juste avant les premiers coups de sécateur

« A ce jour, les lots de blancs, sont désormais en cuves. La récolte en deux, voir trois tris successifs a demandé un gros travail de suivi au vignoble mais cela permet aux producteurs d’exploiter au mieux le potentiel de chaque parcelle.

Les équilibres sucres/acidités pour le millésime 2019 sont bons, les jus sont nets et francs. C’est une bonne base pour un vin blanc de qualité.

Les fermentations alcooliques devraient révéler les jolies promesses entrevues au vignoble.

Les premiers lots entrés en cave finissent tout juste de fermenter.

Les Sauvignons Gris en fin de fermentation alcoolique sont très aromatiques. Les Sémillons et Sauvignons Blancs dévoilent des arômes prometteurs.

Les vendanges de raisins rouges dans le Médoc ont débuté également.

 

Cuvier de Château la Galiane (Margaux) prêt pour recevoir la vendange 2019

Les premières parcelles de Merlot dans les appellations communales ont été récoltées après le 18 septembre. Avec les fortes chaleurs des derniers jours, les Merlots précoces ont atteint une bonne maturité, l’état sanitaire est exceptionnel.

Conséquences de ces belles journées estivales, nous commençons à constater des poids de baies qui baissent sur les Merlots et très peu d’évolution des acidités.

Les sucres continuent de s’accumuler. Les premiers coups de sécateurs commencent.

Les autres cépages, notamment le Cabernet Sauvignon, voient leurs maturités technologiques évoluer doucement mais les anthocyanes s’accumulent bien.

Sur les terroirs précoces les vendanges des premières parcelles de Cabernet Sauvignon commenceront afin de conserver de beaux arômes de fruits frais.

Quelques pluies actuelles devraient faire beaucoup de bien dans les secteurs les plus tardifs mais également au cépage Petit Verdot qui pourrait être une très belle réussite de ce millésime 2019 » les premiers constats sur l’état du 2019 d’Antoine Médeville (Oenoconseil)

 

A propos d’Antoine Médeville

 

Issu de la famille de viticulteurs et pharmaciens, diplômé d’œnologie de la faculté de Bordeaux en 1990.

Débute sa carrière à Sancerre et dans le Languedoc Roussillon. En 1996 il s’installe dans le Médoc à Pauillac en créant le site œnologique l’Oenoconseil, en s’associant dans cette « aventure » avec deux amis œnologues Henry Boyer et Edouard Massie.

 

Aujourd’hui, c’est une histoire d’amitié de quatre œnologues avec Arnaud Chambolle qui est arrivé dans l’équipe.

Ensemble ils ont crée quatre pôles œnologique avec de laboratoires à : Preignac, Pauillac, Beychac&Caillou et à Saint-Emilion.

Au total 250 propriétés font appelle à eux pour un conseil personnalisé qui respecte l’esprit et le terroir de chacun.

 

Adresses utiles : 

http://www.oenoconseil.com

http://www.chateaufleurlamothe.fr

http://www.scea-rene-renon.com

http://www.chareau-fonreaud.com

 

 

 

 

 

Commentaires fermés sur Vendanges 2019 à Bordeaux, rencontre avec Antoine Médeville, oenologue # toutes premières impressions



%d blogueurs aiment cette page :