vin Wino wine – le blog vin de Marie Joanna Roginska


La magie du millésime 2019 à Bordeaux #primeurs2019

 

 

Cette année la campagne de primeurs 2019 ne ressemblait à aucune d’autre auparavant, depuis qu’elle existe, depuis que ce système de ventes a été institutionnalisé tout début des années 1980.

Le contexte sanitaire dû au Covid-19 qui se répandait sur la planète entière a modifié et retardé les dégustations et la sortie de vins « en primeur » pour toute la filière vitivinicole.

Habituellement les vins du nouveau millésime sont dévoilés fin mars, début avril, ont pu finalement être présentés à toute la filière, tous les professionnels et la presse fin mai et courant juin.

En faite, ce retard imprévu a eu un impact très positif sur les dégustations. Les vins ont acquis 2 mois d’élevage en plus, ce qui a donné plus d’expression aromatique aux échantillons, les boisé mieux intégrés, moins démonstratifs avec de structures tanniques plus polis, moins agressifs.

Cette situation a permis d’apprécier ce millésime avec plus de précision, à sa juste valeur et constater sans aucun doute que nous somme véritablement en présence d’un grand millésime.

Oui, 2019 à Bordeaux est un bon, voir un très bon millésime qui s’inscrit parfaitement en terme de qualité dans la lignée de quelques grands millésimes de la décennie comme 2018, 2016, 2015 et 2010.

Les équilibres dans les vins sont impressionnants, entre acidité/sucre, tanin/alcool peuvent être même surprenants par leur précision, ainsi que la concentration d’arômes fruités, leur fraicheur et leur structure ne laissent pas indifférent.

Le millésime 2019 va être un millésime qui restera sûrement dans les anales pendant longtemps, il sera très certainement le chouchou de tous les amateurs de bordeaux, tout d’abord par sa qualité, par les conditions très particulières de sa sortie et bien évidement par la baisse de prix entre 15 et 30%.

 

La campagne primeur a très bien fonctionné auprès du négoce, les acheteurs étaient au RDV, déjà fin mai Pontet-Canet ouvre le bal en affichant son prix de sortie 30% moins cher par rapport à l’année précédente, ensuite courant juin tous les châteaux ont suivi à la vitesse grand « V ».

Oui, sans aucun doute, on constate d’ores et déjà que des vins sont fantastiques, de vrais bordeaux au style classique mais avec une viticulture et de vinifications moderne ultra précis, les vins qui sont élevés intelligemment, sont harmonieux, sans artifices avec une buvabilité parfaite, qui irons très loin dans le temps.

Maintenant il faut se poser la question si les acheteurs finaux vont être au RDV, sachant que les marchands ont toujours des stocks impotents de 2018 à écouler, encore 2017 et 2019 qui va arriver, et le monde entier vit toujours dans la crise sanitaire.

Certes, les prochains foires aux vins d’automnes qui attirent toujours une clientèle habituelle pour quelques grands bordeaux, vont assainir un peu les stocks, sachant que le 2017 et 2018 sera en vente à de prix de sortie relativement chers, donc la question : est ce que ces acheteurs seront là, vu la crise économique que nous vivons tous actuellement ? Pas évident du tout…

 

Pour comprendre les spécificités des vins du millésime 2019 il faut rappeler les cinq conditions qui déterminent généralement un millésime parfait de bordeaux rouge.


1) et 2) une floraison et une nouaison relativement rapides et homogènes sous un climat assez chaud et pas trop arrosé pour assurer une bonne fécondation et prédisposer à une maturité homogène.


3) une contrainte hydrique s’établissant progressivement grâce à un mois de juillet chaud et sec, provoquant le ralentissement puis l’arrêt définitif de la croissance de la vigne au plus tard pendant la véraison.


4) une maturation complète des différents cépages assurée par un fonctionnement optimal du feuillage jusqu’aux vendanges, sans reprise notable de la croissance végétative.

5) un beau temps, moyennement chaud et faiblement arrosé pendant les vendanges, permettant d’attendre la maturité idéale de chaque parcelle sans redouter la dilution, la pourriture, ou la perte des arômes fruités.

 

La douceur du début d’année a conduit à un débourrement précoce, mais la croissance végétative fut ralentie en raison du temps maussade d’avril et de mai.

La floraison s’est déroulée début juin sous un temps frais et humide, de façon plus ou moins homogène en fonction des vignobles.

La première condition n’a été que partiellement satisfaite, des phénomènes ponctuels de coulure et surtout de millerandage ayant été observés.

A partir de mi-juin, un temps sec et très chaud s’installa. Malgré ces températures élevées, l’eau accumulée dans les sols au printemps permit la croissance de la vigne et la nouaison se déroula dans de bonnes conditions.

Le mois de juillet fut globalement sec, mais les précipitations, sous forme d’orage, varièrent significativement d’un secteur à un autre. Cette variabilité, couplée à la diversité des sols, entraîna une hétérogénéité de la date d’arrêt de croissance végétative, souvent plus tardive que souhaité.

Si la véraison a parfois été étalée, le temps d’août, ensoleillé avec une alternance de périodes chaudes et plus fraîches, a favorisé le début de maturation des raisins.

La première partie de septembre, particulièrement sèche et chaude, fit craindre des phénomènes de stress hydrique, mais des pluies, à partir du 20 septembre, ont permis d’achever la maturité des merlots.

Les cabernets ont pu être récoltés quasiment sans interruption, dans un parfait état sanitaire. Comme en 2018, les quatrièmes et cinquièmes conditions ont ainsi été entièrement satisfaites en 2019.

Si les caractéristiques climatiques ainsi que les choix humains ont entraîné des situations variables d’un vignoble à l’autre, l’été et le début d’automne 2019 ont assuré un niveau qualitatif élevé pour les vins rouges de Bordeaux.

Les vendanges des raisins destinés aux vins blancs secs furent relativement précoces, ce qui leur permit d’éviter un stress hydrique trop intense. Sucrés, acides et dotés d’un potentiel aromatique éclatant, ils ont été ramassés dans un parfait état sanitaire.

Les superbes mois d’août et de septembre, si favorables à la maturation des raisins rouges, ont retardé l’installation de Botrytis cinerea.

Des foyers précoces de pourriture aigre ont dû être minutieusement éliminés pour garantir la pureté de la vendange. Les pluies de fin septembre initièrent le développement de la pourriture noble sur des raisins parfaitement mûrs, dont la concentration augmenta rapidement. L’essentiel de la récolte fut ramassé en quelques jours, peu avant la mi-octobre.

Une fois encore, des efforts considérables ont été consentis par les vignerons pour assurer une production 2019 de vins liquoreux, de faible quantité mais purs et aromatiques.

 

 

Voici quelques de mes coups de cœurs de dégustations primeurs 2019 que j’ai pu faire courent juin à Bordeaux, sachant que pour de raisons logistiques, je n’ai pas dégusté tous les vins que j’aurais souhaité :

 

 

 

Palmer, Margaux

Avec ses 53% de Cabernet Sauvignon, 4% de Petit Verdot et 43% de Merlot qui brillent par leur exubérance, en revanche les Cabernets et Petits Verdot affirment une finesse remarquable sans aucune fausse note, le vin affiche une élégance et race exceptionnelle, le millésime qui va graver son empreinte pour longtemps, c’est un Palmer classique sans aucun artifice.

Millésime qui affiche une belle abondance avec 45hl/ha soit au totale 300 000 bouteilles dont 55% de Palmer et 45% d’Alter Ego

Dès 2008/2009 Palmer a entamé les pratiques d’agriculture biodynamique. Aujourd’hui, la totalité du vignoble, soit 55 ha sur les terroirs de graves sableuses et argileuses est certifié en biodynamie.

Note : 19,5/20

 

Alter Ego, Margaux

51% Merlot 40% Cabernet Sauvignon 9% Petit Verdot

Vin exprime la pureté, une clarté aromatique rare, fidèle à son terroir avec une fraicheur remarquable.

Note : 18/20

 

 

Présentation du millésime 2019 par Philippe Dhalluin (DG de Mouton)

 

Mouton Rothschild, Pauillac

Vendange précoce du 18 septembre au 5 octobre

Les vins assemblés egalement très tôt entre 15 et 30 novembre, en moyenne avec un mois d’avance.

100% bois nef en provenance de 6 tonneliers, ce qui ajoute une complexité supplémentaire aux assemblages finaux.

C’est une année qui met sans aucun doute en lumière les grands cabernets, ce qu’on retrouve dans l’assemblage avec 90% de Cabernets Sauvignons, 1% de Petit Verdot et 9% de Merlot.

C’est un Mouton riche, généreux, avec cette notion de cabernets mûrs, expressifs et juteux, les tannins sont puissant, denses et racés sans aucune agression, enrobés, tout est très harmonieux, le boisé est délicat, c’est un vrai Pauillac classique et prometteur plein d’énergie.

2019 est un dernier millésime élaboré par Philippe Dhalluin, (DG) qui prend sa retraite après 15 ans passé au service de vins de châteaux (Mouton, Clerc Million et d’Armailhac), le 2019 restera sûrement dans les anales comme l’une de meilleurs réussite de la décennie. C’est un magnifique cadeau que la nature a pu lui offrir pour élaborer ce magnifique Mouton qui approche la perfection.

Note : 19,5-20/20

 

Le Petit Mouton, Pauillac

68% Cabernet Sauvignon 32% Merlot

50% bois nef

Beaucoup de complexité et fraicheur, fruits croquants, savoureux, généreux avec une belle persistance et une bonne buvabilité.

Note : 18,5/20

 

 

Clerc Milon, Pauillac

Dans l’assemblage 72% de Cabernet Sauvignon, plus que d’habitude, il ne fallait surtout pas se priver de ces beaux grains juteux et mûrs, 22% de Merlot, 4% de Cabernet Franc et 2% de Petit Verdot, cette année dans l’assemblage on retrouve aussi un tout petit chouillat de Carménère, ce ajoute plus de complexité au vin avec cette petite note épicée.

C’est un crus qui progresse chaque année, grâce à replantation de parcelles en sélection massale.

Le vin est danse, puissant avec un beau volume en bouche, les fruits noirs très juteux tapissent le palais, note épicée, tout est raffiné avec la fraicheur sans faille.

Note : 17,5/20

 

Pastourelle de Clerc Milon, Pauillac

Seconde vin de Clerc Milon, vin discret avec beaucoup de générosité, qui charme avec sa grosse proportion de Merlot (66%), 23% de Cabernet Sauvignon et 11% de Cabernet Franc.

Il ne sort jamais en primeurs, uniquement en livrables, prêt à la consommation et destiné à la restauration.

Il a beaucoup de succès pour son accessibilité sans perdre son empreinte et race très pauillacaise.

2019 est très généreux et juteux, avec une belle complexité aromatique, avec une buvabilité inattendue.

Note : 17/20

 

D’Armailhac, Pauillac

73 ha de vignes sur le sol graveleux proches de ceux de Mouton

Assemblage 62% de Cabernet Sauvignon avec une grosse proportion de Merlot (27%), 9% de Cabernet Franc et 2% de Petit Verdot.

45% de bois nef

2019 va marquer le tournant, c’est le dernier millésime vinifié dans les installations actuelles, la prochaine récolte (2020) va bénéficier de nouvelles installations, qui bien évidemment permettront l’épanouissement supplémentaire à ce cru et les vinifications plus pointues, à la carte.

2019 est une belle réussite, le vin est structuré avec beaucoup de saveurs, très avenant avec de tanins enrobés, les merlots enrobent les cabernets avec cette sensation satinée en bouche, dans ensemble très élégant.

Note : 17/20

 

Tertre Roteboeuf, SEGC

Vignoble de 5,6 ha de vignes d’origine gallo-romaine à Saint-Laurent-de-Combes, plantés en Merlot et Cabernet Franc. Son terroir d’exception argilo-calcaire sur les hauts de coteaux orienté vers le soleil levant (Sud-Sud/Est) bénéficie d’un microclimat très rare. C’est un terroir magique.

François Mitjavile joue ici une carte de régularité parfaite, c’est un cru qui est toujours égale à lui même, quel que soit le millésime.

Le 2019, comme à l’accoutumée, a été vendangé tardivement du 2 au 11 octobre.

Assemblage de 80% de Merlot et 20% de Cabernet Franc élevé dans le 100% bois nef.

Le vin est danse, profond avec une belle richesse aromatique, les merlots sont très juteux, les cabernets très élégants, dans l’ensemble beaucoup de tendresse et de grâce, avec sa fraicheur exquise puisée dans les calcaires.

Note : 18/20

 

Larcis Ducasse, SEGCC

Vignoble de 11 ha sur le terroir exceptionnel de plateaux et de terrasses et de coteaux argilo-calcaire de Saint Emilion.

Vendange du 25 septembre au 6 octobre

Assemblage de 88% de Merlot et de 12% de Cabernet Franc, élevage dans 60% de bois nef, dans de barriques classiques de 225 l et de barriques de 500 l.

Très beaux merlots juteux et mûr, beau volume en bouche, vin précis et complexe avec une énergie incroyable.

Note : 18/20

 

 

Pavie Macquin, SEGCC

Vignoble de 15 ha sur le fameux plateau et coteaux argilo-calcaire de Saint Emilion.

Vendanges du 23 septembre au 11 octobre

Assemblage de 78% de Merlot, 20% de Cabernet Franc et 2% de Cabernet Sauvignon, élevage dans de 70% de bois nef.

Vins est très racé, juteux, avec de fruité mûrs et frais, persistant avec une complexité aromatique exceptionnel, tout est précis et très gourmand.

Note : 18/20

 

Croix de Labrie, SEGC

Axelle et Pierre Courdurié travaillent leur petit joyau de 5,7 ha de vignes sur un magnifique terroir très complexe d’argiles riches en oxyde de fer, argilo-sableux et plateau calcaire, les parcelles à coté de Château Pavie et sur le plateau de Saint-Christophe des Bardes.

Axelle travaille à la vigne et au chai en bio et biodynamie. C’est un travail de haute couture qui est fait manuellement de la taille à la mise en bouteille en passant par la vendange, la vinification et le vieillissement. Chaque geste compte, tout est précis à la perfection. Chaque parcelle, chaque terroir sont travaillés individuellement. Ici on a adopté un concept bourguignon pour mettre en avant le terroir avec tous ses atouts.

Le 2019 est assemblé avec 97% de Merlot et 3% de Cabernet Sauvignon

Les merlots sont juteux, mûrs et frais, cette touche de cabernets ajout une note poivrée et mentholée. Le vin est dense avec une grande générosité, note fruitée et florale très élégante, tout est précis avec une certaine sophistication, il est racé et persistant, taillé pour l’avenir.

Note : 18/20

 

Rol Valentin ,SEGC

Alexandra et Nicolas Robin travail 7,3 ha de vigne sur les coteaux argilo-calcaire à Saint-Etienne-de-Lisse.

Depuis plusieurs années leur travaille est axé sur la restructuration du vignoble, afin d’apporter plus de précision et de complexité dans leur vin.

2019 est assemblé avec 85% de Merlot 10% de Cabernet Franc et 5% de Malbec.

Présence du malbec lui ajoute une complexité supplémentaire, attaque un peu plus ferme, même sur un millésime très généreux comme 2019, note de fruits juteux avec une belle richesse aromatique, extraction bien maitrisée, les tannins élégants, finale fraiche.

C’est le dernier millésime vinifié dans l’ancien chai, la prochaine récolte 2020 va déjà bénéficier de nouvelles installations, modernes et pratiques à la pointe de nouvelles technologies, un outil qui va permettre les vinifications parcellaires, par terroir, parfaitement à la carte, le travail de « haute couture ». Ca va apporter encore plus de précision et plus de caractère à chaque cuvée.

Note : 16/20

 

Lynsolence, SEGC

C’est une cuvée d’une régularité remarquable que Denis Barraud produit depuis 1998 sur 2,5 ha de vignes. Les plus vieilles parcelles du domaine âgées de 50 ans à Saint-Sulpice de Faleyrens sur un terroir très complexe sablo-graveleux, graves très profondes avec un sous-sol constitué de crasse de fer, planté uniquement en Merlots.

Le 2019 est riche et concentré avec une bouche veloutée, les merlots sont juteux et pleins avec une complexité aromatique remarquable, vin est gourmand avec cette notion racée digne d’un très grand Saint Emilion.

Note : 16,5/20

 

Art Russe La Grâce Dieu des Prieurs, SEGC

Le 2019 est le sixième millésime du nouveau propriétaire, Andreï Filatov, mécène et passionné d’art, qui rachète La Grâce Dieu des Prieurs à Saint Emilion en 2013.

8,5 ha de vignes en grand cru sur le terroir de sables bruns, d’argiles et de calcaires riches en oxydes ferreux plantés en Merlot (90%) et Cabernet Franc (10%).

Depuis l’arrivée du nouveau propriétaire le château vit à l’heure du changement totale, tout d’abord, des nouvelles installations techniques, certes il a eu bien besoin.

Le nouveau chai en forme d’un cylindre ultra performant et pratique conçu par l’architecte Jean Nouvel voit le jour. Le chai qui lie la performance et l’esthétisme avec son cuvier cylindrique qui permet le travail de vinifications à la carte en respectant chaque parcelle et chaque cépage. Sous le cuvier, le chai circulaire à barriques qui permet le travail par gravité, tout en douceur sans bousculer le vin. Tous les bâtiments techniques sont parfaitement intégrés dans l’ensemble de la propriété et du paysage.

Tout le travail à la vigne et au chai se fait sous l’œil attentif et l’expertise de Louis Mitjavile (la famille Mitjavile propriétaire de Tertre Roteboeuf et de Roc de Cambes).

Pour chaque millésime les nouvelles bouteilles avec les séries d ‘étiquettes illustrant les tableaux d’artistes soviétiques et russe provenant de la fondation Art Russe crée par le propriétaire en 2012.

Affaire à suivre car Andreï Filatov a des ambitions de faire grandir son cru et le placer tout la haut de la pyramide de sa catégorie, la route est bien tracée…

Le 2019 est généreux et riche, les Merlots sont très juteux vin est très onctueux avec une bonne persistance aromatique, légère note vanillé au milieu de bouche, structure tannique ronde, vin gourmand, très avenant.

Note : 16/20

 

Domaine de l’A, Castillon Côtes de Bordeaux

Christine et Stéphane Derenoncourt (Derenoncourt Consultant) exploitent 12 ha de vignes à Saint Colombe sur les coteaux proches de ceux de Saint Emilion. Le terroir magique composé d’argiles fines, de calcaires friables et ceux de tuffeau idéal pour l’épanouissement du Merlot et de Cabernet Franc.

Le travail parcellaire très pointu est apporté à la vigne et au chai, qui a été entièrement repensé en 2005, composé de matériaux naturels nobles, afin de permettre les vinifications à la carte, parcelle par parcelle avec une identité et vinifications propres à chacune d’elles.

Cette minutie donne au vin après des assemblages finaux une dimension supplémentaire, identitaire, propre de son terroir et du cépage.

Le 2019 est une « petite bombe », puissant sans excès, ses Merlots sont voluptueux avec beaucoup de caractère, très précis avec une jolie trame aromatique, son énergie et fraicheur impressionnent, ses tanins charment, vin très racé avec son coté très gourmand.

75% de Merlot 25% de Cabernet Franc, élevage dans 70% de bois nef.

Note : 16,5-17/20

 

Clos de Boüard, Montagne Saint-Emilion

« Je fais du vin pour vous… » c’est la devise de Coralie de Boüard

En 2016 Coralie de Boüard, la fifille d’Hubert de Boüard (Château Angelus) rachète avec son époux Loïc Maillet cette propriété de 30 ha de vignes sur l’appellation Montagne Saint Emilion.

Coralie voit tout de suite un fort potentiel de ce terroir sur les coteaux exposé au Sud, sur un sol très intéressent composé d’argiles et du calcaire planté en Merlot (66%), Cabernet Franc (25%) et Cabernet Sauvignon (9%), que de la vieille vigne d’une quarantaine d’années.

2019 est dense avec beaucoup de volumes en bouche, les merlots sont très juteux et mûrs, persistance aromatique très soulignée certainement grâce aux vinifications intégrales dans les barriques ouvertes, vin est gourmand et frais avec belle générosité.

Note : 16/20

 

Labegorce, Margaux

Très certainement c’est un cru qui depuis quelques années a progressé à la vitesse grand « V ».

Marjolaine Maurice de Coninck (DG) avec son équipe a fait un travail remarquable surtout au niveau de la restructuration du vignoble et au chai.

Labegorce arrive aujourd’hui sur la plus haute marche dans sa catégorie.

63 ha de vignes d’un seul tenant sur le plateau entourant le Château et le chai sur les terroirs typiques de graves sableuses et sablo-limoneux constituent un patrimoine d’exception.

Aujourd’hui, le nouveau chai est déjà opérationnel pour accueillir la prochaine vendange (2020). Le nouveau cuvier béton, qui lie l’esthétisme et une fonctionnalité poussée à l’extrême, va permettre les vinifications parcellaires avec encore plus de précision. C’est une nouvelle ère qui commence pour ce cru qui a déjà connu plusieurs travaux d’amélioration depuis son rachat en 1989 par la famille Perrodo.

2019, encore un millésime qui s’inscrit dans la ligné de belles réussite dans cette décennie.

Le vin est net, précis avec un beau volume en bouche, racé avec ses cabernets mûrs et frais, on sent son énergie avec beaucoup de charme, tanins très élégants avec une finale voluptueuse.

(46% Merlot 40% Cabernet Sauvignon 9% Cabernet Franc 5% Petit Verdot)

Note : 16,5-17/20

 

 

Marquis d’Alesme, Margaux

Le château fait partie, comme Labegorce, de propriétés de la famille Perrodo, acquis en 2006.

Depuis son rachat, le château a connu de grandes restructurations coté vigne et coté cave. La nouvelle cave a vu le jour en 2014, un outil très performant et esthétique qui permet de vinifier les 15 ha de vignes avec minutie en respectant chaque parcelle et chaque cépage. Marjolaine également aux manettes de ce cru, avec son équipe le poussent à la perfection.

2019 avec ses beaux arômes de fruits noirs, persistance et son coté soyeux et satiné joue la carte d’une précision exquise, les cabernets mûrs avec une vivacité procure une belle énergie, vins est gracieux et charmeur.

(57% Cabernet Sauvignon 37% Merlot 6% Petit Verdot, 50% bois nef)

Note : 17/20

 

 

Sans oublier :

 

Beychevelle, Saint Julien

17,5/20

 

Giscours, Margaux

17,5/20

 

Domaine de Chevalier, Pessac-Leognan

17,5/20

 

Clos Fourtet, SEGCC

17,5/20

 

Petit Village, Pomerol

17/20

 

Beausejour Hrts Duffau Lagarrosse, SEGCC

17/20

 

Prieure-Lichine, Margaux

17/20

 

Branaire Ducru, Saint Julien

17/20

 

Roc de Cambes, Bourg-Côtes de Bordeaux

17/20

 

Lagrange, Saint Julien

16,5/20

 

Rouget, Pomerol

16,5/20

 

Feytit Clinet, Pomerol

16,5/20

 

Bourgneuf, Pomerol

16,5/20

 

Latour Figeac, SEGCC

16/20

 

Fonroque, SEGCC

16/20

 

Chauvin, SEGCC

16/20

 

Gaudet, SEGC

16/20

 

Grand Corbin Despagne, SEGC

16/20

 

Clos Vieux Taillefer, Pomerol

16/20

 

Fontenil, Fronsac

16/20

 

Cap de Faugères, Castillon-Côtes de Bordeaux

16/20

 

Poujeaux, Moulis

16/20

 

Chasse Spleen, Moulis

16/20

 

Monbrison, Margaux

16/20

 

Laroze,SEGCC

15,5/20

 

Larrivet Haut-Brion, Pessac-Leognan

15,5/20

 

Pavel de Luze, Margaux

15/20

 

Alverne, SEGC

15/20

 

de Pressac, SEGCC

15/20

 

Sanctus, SEGC

15/20

 

de Candale, SEGC

15/20

 

La Croizille, SEGC

15/20

 

Monlot, SEGC

15/20

 

Gaby, Canon Fronsac

15/20

 

Malesscase, Haut-Médoc

15/20

 

Couhins, Pessac-Léognan

15/20

 

 

 

 

Adresses utiles :

http://www.derenoncourtconsultants.com

http://www.grandcercle.fr

http://www.bee-bordeaux.com

http://www.lapassiondesterroirs.com

http://www.chateau-mouton-rothschild.com

http://www.chateau-palmer.com

 

 

 

 

 

 

Commentaires fermés sur La magie du millésime 2019 à Bordeaux #primeurs2019


Bordeaux primeurs 2018 – Volume 1 – Rive Droite #analyses #coups de cœur

 

Millésime 2018 à Bordeaux n’a pas fini de parler de lui, n’a pas fini de nous surprendre.

Les premières dégustations de vins encore en élevage, que j’ai pu effectuer à plusieurs reprises sur les diverses échantillons ont confirmé la qualité sans faille de la plupart de grands vins.

Au cour de dernières dégustations de primeurs 2018 j’ai dégusté environs 250 échantillons entre la rive droite, le Médoc et le Pessac, voici quelques analyses, en donnant aussi la parole à ceux qui font du vin, sans oublier évidemment quelques de me coups de cœur.

 

Tout a commencé « dans l’enfer pour finir au paradis » 2018 le millésime de tous les excès.

 

Bref analyse la météo 2018

La bette noire du millésime 2018 c’était la grosse pression du mildiou et black rot qui opéraient sans pitié avec l’excès de l’eau et la canicule, bref la totale qui a déstabilisé certains producteurs.

 

L’hiver très pluvieux avec des précipitations constantes qui durent jusqu’au printemps.

Heureusement le retour du beau temps a permis une floraison quasi parfaite et une très belle sortie de baies.

Les pluies printanières ont contribué hélas à la forte et constante pression du mildiou en juin.

Les vignerons ont dû aussi faire face à l’apparition de black rot (pourriture noire) dû aux fortes chaleurs de juillet.

Chez les vignerons en bio et en biodynamie, c’est surtout la pourriture noire qui a causé à partir de la 2e quinzaine de juillet la perte d’une grande partie de la récolte.

Certains vignerons ont pu quand même récolter de volumes quasi normales soit 40-45 hl/ha.

L’état sanitaire final de baies était très satisfaisant, les raisins sains, avec une maturation lente et équilibrée surtout pour des cabernets francs sur la rive droite, ce que nous avons retrouvé avec une proportion plus importante que d’habitude dans les assemblages chez certains producteurs.

Les jus dans sa globalité étaient très concentrés en raison de millerandage de baies, de la petite taille des grains, qu’il fallait traiter avec douceur sans des extractions exagérées.

Certes, nous nous trouvons parfois avec de vins trop extrait, donc déséquilibrés, avec de forts degrés alcooliques, heureusement ce sont les cas plutôt isolés.

On peut parler d’une réussite générale sur l’ensemble du vignoble bordelais avec de nuances sur les qualité et quantités variables selon les secteurs et selon de moyens matériels mis à la disposition de producteurs.

Ce qui caractérise ce millésime c’est sont des raisins mûrs avec la pureté de fruits croquants et gourmands, beaucoup de saveur et de la belle fraicheur en finale, les tannins sont crémeux et fins, au final ça donne de vins équilibrés sans lourdeur.

En général on retrouve toutes ces caractéristiques dans les grands vins sur les deux rives.

 

Voici quelques propos sur le millésime 2018 de ceux qui font le vin :

 

Le 2018 pour Stéphane Derenoncourt, consultant (Derenoncourt Consultants) et propriétaire de Domaine de L’A en Castillon Côtes de Bordeaux.

 

 

« C’était vraiment un millésime d’ombre et de lumière, entre ce printemps affreux avec beaucoup de pluie, de problèmes du mildiou, parfois de grêle, puis fin juin, cette métamorphose, avec des conditions magnifiques.

C’est un millésime intéressant, car pour les vendanges on a eu une fenêtre qui n’a jamais été aussi large, c’était carrément à la carte.

Ça a permis à chacun d’exprimer réellement ce qu’il voulait exprimer, dans une liberté totale».

 

Pour Frédéric Massie (œnologue, Derenoncourt Consultante), le 2018 a montré que la viticulture biologique menée de manière plus respectueuse de la plante et des sols expose aussi plus violemment le viticulteur aux caprices de la nature.

Il faut apprendre une leçon du millésime 2018, analyser les raisons des déceptions viticoles, mais aussi reconnaître les satisfactions rencontrées lors des dégustations »

 

Le 2018 pour le Compte Stephan von Neipperg, à la tête des plusieurs châteaux surtout sur la Rive Droite dont Canon La Gaffelière (1er grand cru classé de Saint-Émilion) et La Mondotte (1er grand cru classé de Saint-Émilion),

« Je trouve que ce qui est formidable c’est qu’il est à la fois puissant et frais, avec beaucoup de fruit.

En bio, c’est le millésime le plus compliqué sur mes 35 années passées à Bordeaux. Je n’ai jamais vu ça.

Finalement, si on regarde maintenant ce qui est sorti de ce 2018, c’est assez formidable».

 

Le 2018 pour Antoine Médeville, œnologue (Oenoconseil)

« Il a fallu gérer une grosse pression de mildiou en juin, surveiller la date de récolte.

Il fallait donc essayer de vendanger entre le côté aromatique, le maximum de matière colorante et la maturité des tanins, sans aller chercher la surmaturité.

Il fallait faire attention lors des vinifications à ne pas surextraire, en faisant trop de remontages ou en augmentant trop en température ».

 

Le 2018 pour Thomas Duroux, directeur de Château Palmer, Grand Cru Classé de Margaux

« On a probablement fait l’un des plus grands Palmer de l’histoire, pour faire un grand vin en 2018, il s’agissait de gérer une concentration jamais vue dans les raisins, combinaison de conditions de maturité exceptionnelles et de très petits rendements résultant d’une pression de mildiou jamais vue au cours de ces 50 dernières années.

Il a fallu gérer les extractions de façon ultra-pointue pour respecter le style du millésime, qui est puissant.

Biodynamie a contribué à aller beaucoup plus loin dans l’interprétation du terroir, avec un style toujours plus précis, pur, sur le fruit.

Palmer 2018 est le plus puissant de notre histoire, avec une complexité aromatique et une sophistication de la structure ».

 

Le 2018 pour Philippe Casteja, président de Grands Crus Classées en 1855 du Médoc et Sauternes, à la tête de plusieurs domaines bordelaises (dont Château Batailley et Lynch-Moussas Grands Crus Classés de Pauillac) ainsi que de la maison de négoce Borie-Manoux,

« C’est un très grand millésime dans l’ensemble de nos propriétés, homogène et de belles qualités sur les deux rives.

On a fait attention à faire des vinifications très fraîches pour garder du fruit ».

 

Le 2018 pour Véronique Sandres, directrice de Château Haut-Bailly, Grand Crus Classée de Pessac-Léognan

« On est passés de l’enfer au paradis dans la même année.

Le résultat, c’est un vin un peu hors normes, exceptionnel, incroyablement équilibré malgré une concentration et un niveau d’alcool très élevé, il y a un sentiment de suavité, de soyeux, un grain de tanins d’une finesse et d’une précision fabuleuse ».

 

Rive Droite

 

Saint Emilion, comme le reste des appellations bordelaises, n’a pas été épargné par les aléas climatiques en 2018.

Les six premiers mois de l’année ont reçu 600 mm d’eau sans oublier la pression sanitaire importante de mildiou, suivis par un été particulièrement sec et chaud. Cette période de sécheresse a duré encore plus longtemps que dans d’autres millésimes considéraient caniculaire comme par exemple le 2003.

C’est aussi ça qui a contribué à de pertes considérables de rendement chez certains producteurs.

Cette vaste appellation de 5400 hectares avec de sols très variés, entre le fameux plateau calcaire, de coteaux argilo-calcaires et de plaines sableuses, certains terroirs plus privilégiés que d’autres pour leur capacité à retenir et stocker de l’eau et ne pas donner occasion à la vigne de souffrir du stress hydrique excessif.

Sur les sols sableux c’est bien évidemment plus compliqué ainsi que pour de jeunes plantes qui ont souffert davantage dans un climat pareil.

C’est toujours les vignes sur le plateau calcaire, les graves et les argiles profondes qui s’en sortent au mieux grâce à ces sols froids et le stockage en eau suffisant.

 

Saint-Emilion

 

Coups de cœur

 

Alain Vauthier (famille Vauthier, propriétaires d’Ausone)

Ausone 1er GCC

7,25 ha sur le plateau calcaire et coteau argilo-calcaire

Vendanges pour le Merlot 25 et 27 septembre, pour le Cabernet franc le 3,8 et 9 octobre

Assemblage : 60% CF 40% M

Vinifications traditionnelles en foudres de chêne, élevage 20 mois en barriques

 

Toucher soyeux, net, bouche juteuse, fruits noirs mûrs, bourgeons de cassis, cerise noire, fraicheur exquise, note mentholée, beaucoup de persistance et d’énergie, structure tannique racée, aucune agressivité finale poudreuse, fraiche, vin vraiment magique.

19,5-20/20

 

Pauline Vauthier avec Philippe Baillarguet, maitre de chai

La Chapelle d’Ausone (2e vin d’Ausone)

50% M 40% CF 10% CS

16,5/20

 

Cheval Blanc 1er GCC

39 ha divisés en 52 parcelles sur les dix types de sols identifiés, ce qui a permis une replantation de trois cépages (merlot, cabernet franc et cabernet sauvignon) avec une précision exemplaire.

Vendanges du 10 septembre au 11 octobre

40 hl/ha

Assemblage : 54% M 40% CF 6% CS

 

 

Nez élégant de fruits rouges et noirs, note de framboise, d’épices, violette.

En bouche attaque est nette avec une puissance maitrisée, note florale et fruité avec une belle persistance, volume et raffinement, tanins puissants, racés, aucune agression, finale fraiche, légèrement épicée et mentholée, tout est équilibré, rien en trop, très Grand Cheval.

19,5-20/20

 

Pierre Lurton, DG de Cheval Blanc

Petit Cheval (2e vin de Cheval Blanc)

70% M 30% CF

17/20

 

Château Figeac

Vendanges du 17 septembre au 12 octobre

Vinifications dans un cuvier provisoire conçu pour la durée de travaux de restructuration d’un nouveau chai qui sera opérationnel pour la vendange 2020.

Assemblage : 37% M 30 CF 33% CS

Environ 15 à 20 % du volume en moins

Frédéric Faye, DG de Figeac

Toucher frais, net et précis, fraicheur de fruits noirs mélangés aux épices, complexité aromatique avec de notes florales, discrète note vanillée, gourmands, tanins racés taillés avec élégance, beaucoup de persistance, d’énergie et de fraicheur, son équilibre est exceptionnel.

19/20

 

Angélus 1er GCC

27 ha sur le pied de côte argilo-calcaire et argilo-sablo-calcaire

Assemblage : 65% M 35% CF

Beaucoup de fraicheur et de soyeux à l’attaque, harmonie et croquant de fruits mûrs avec une mâche et tension.

Quelques notes de torréfaction, profondeur et persistance de tanins racés sans aucune agression avec une finale épicé dans un équilibre et fraicheur.

18,5/20

 

Pavie 1er GCC

37 ha sur les sols divers entre le plateau calcaire et le milieu de côte sur le sol brun argilo-calcaire à texture fine.

Assemblage : 60% M 22% CF 18% CS

60% de barriques neuves

Nez puissant, fruits noirs, réglisse, note torréfiée, en bouche matière dense, vin assez serré et compact, note de fruits noirs mélangés aux épices qui dominent avec une excellente fraicheur. Les tanins sont racés, non agressifs, vin persistant avec une grande promesse.

18,5/20

 

Canon 1er GCC

24 ha

Vendanges du 7 septembre au 9 octobre

Assemblage : 72 M 28% CF

 

Nez puissant et concentré avec la cher de fruits noirs, la bouche correspond parfaitement au nez avec les notes de cassis, d’épices. Tout est soyeux et persistant avec une belle vivacité, tannins racés, tout finis avec une fraicheur exquis.

18/20

 

TrotteVieille 1er GCC

12 ha

28 hl/ha

Assemblage : 44% M 54% CF 2% CS

 

Toucher net, précis, fruits noirs, cerise noire, beaucoup de volume, de persistance avec une excellente fraicheur, tannins racés, serrés, avec une finale acidulée sur une note minérale, vin harmonieux et racé, taillé pour l’avenir.

18/20

 

Valandraud 1er GCC

7,5 ha sur le sol argilo-calcaire

Assemblage : 90% M 10% CF CS et une petite touche de Malbec

100% bois nef

 

Note de fruits noirs juteux, cerise noire, petite note de fruits rouges acidulées, note torréfiée, épicée, tanins élégants, poudreux, joli volume de l’ensemble avec une finale longue et fraiche, tout est construit dans la finesse.

18/20

 

Canon la Gaffelière 1er GCC

19,5 ha sur le sol argilo-calcaire et argilo-sableux très filtrant

Assemblage : 50% M 35 CF 15 CS

Comte Stephan von Neiperg, propriétaire de Canon la Gaffelière

Toucher fin, soyeux panier de fruits frais croquants, tanins veloutés, tout est taillé avec une belle élégance, vin persistant, frais avec longueur interminable.

18/20

 

Château Pavie-Macquin 1er GCC

15 ha sur le plateau argilo-calcaire et calcaire

Assemblage : 78% M 20% CF 2% CS

 

Un nez complexe, fruité, épicé avec une petite note boisée, bouche nette, précis avec des notes de petits fruits rouges acidulés, de vanille, tout est équilibré, tanins sont racés avec une finale minérale.

17,5/20

 

Larcis Ducasse 1er GCC

11,15 ha sur le plateau argilo-calcaire, les terrasses argilo-limoneux et flanc de coteau argilo-calcaire

Assemblage : 87% M 13% CF

 

Toucher net, fruits noirs et rouges juteux, croquant, quelques épices douces, belle persistance avec de tanins élégants, finale fraiche, vin gourmand, fait saliver.

17,5/20

 

Château La Gaffelière 1er GCC

22 ha sur le plateau calcaire, côte argilo calcaire

Assemblage 58% M 42% CF

 

Toucher fin, élégant, au bouquet de petits fruits rouges acidulés, tout est travaillé en douceur, les tanins sont poudreux, vin d’une élégance exquise.

17,5/20

 

Clos Fourtet 1er GCC

18,5 ha sur le sol argilo-calcaire

Assemblage : 90% M 7% CS 3% CF

 

Toucher fin, velours, fruits noirs, épices douces, poivre sauvage, belle structure dense, persistante, tanins nobles, tout est harmonieux.

17/20

 

Château Beauséjour 1er GCC

6,8 ha sur le coteau et flanc de coteau argilo-calcaire

Assemblage : 90% M 10% CF

 

Vin net et précis avec des notes de baies rouges et noires, note torréfiée de café et une forte présence d’épices, tannins racés, finale fraiche, saline.

17/20

 

Tertre Roteboeuf GCC

5,6 ha sur les hauts de coteaux argilo-calcaire

Assemblage 80% M 20% CF

François Mitjavile « chef d’orchestre » de Tertre Roteboeuf

Nez fumé, torréfié, léger boisé, bouche nette, juteuse, fruits noirs, quelques fruits rouges acidulés, groseille, belle persistance, tanins poudreux, tout est taillé avec précision, en finale tanins poudreux avec acidité élégant.

17/20

 

 

Et aussi :

 

La Mondotte 1er GCC

18/20

 

La Clotte GCC

16,5/20

 

Rol Valentin GC

16/20

 

La Tour Figeac GCC

16/20

 

Gaudet GCC

16/20

 

Chauvin GCC

16/20

 

Grand Corbin Despagne GCC

16/20

 

Aiguilhe (Castillon-Côte de Bordeaux)

16/20

 

Domaine de l’A (Castillon-Côte de Bordeaux)

16/20

 

L’Aurage (Castillon-Côte de Bordeaux)

16/20

 

Joanin-Bécot (Castillon-Côte de Bordeaux)

16/20

 

Clos de Boüard (Montagne Saint Emilion)

16/20

 

 

Pomerol

 

Appellation Pomerol avec ses 800 ha de vignes sur les sols d’argiles profondes, de graves sablo-argileuses affiche dans sa globalité une excellente réussite du millésime 2018.

Grâce à ses argiles profondes propices au cépage merlot, les argiles qui sont capable de retenir l’eau et le distribuer suffisamment à la plante au besoin, ce qui s’est passé pour le millésime en question, millésime sous le signe de tous les excès comme trop d’eau et la canicule ou encore il faut parler de ses sols de graves excellents pour les cabernets franc qui ont su jouer le franc jeu en toute transparence.

Les résultats sont là avec de vins très harmonieux, équilibrés, frais et séduisants.

 

Nous avons l’exemple de Petrus, qui a profité de la magie de son terroir hors normes avec les veines importantes des fameuses argiles bleus, ici le 2018 surprend grâce à sa beauté sans limite.

Ou encore Lafleur avec ses cabernets franc sur les sols de graves qui on joué la carte d’un équilibre et de la sensualité hors paire.

 

 

Coups de coeur

 

Petrus

10 ha

100% M

Vendanges du 13 au 27 septembre

Jean-Claude Berrouet a signé quarante millésimes de Petrus, aujourd’hui Olivier, son fils, est au manettes de ce cru exceptionnel

 

Vin hors normes avec son toucher soyeux, taffetas, beaucoup de matière, fruits noirs mûrs, bourgeons de cassis, épices, poivre sauvage, fève tonca, note mentholée, note florale avec soupçon de violette, tout est équilibré et persistant, une complexité hors portée, tannins moelleux avec sa finale fraiche, tout est précis, exceptionnel.

20/20

 

Lafleur

4,5 ha d’un seul tenant sur le sol de graves et d’argiles profondes sur les graves.

Assemblage : 54% CF 46% M

Vendanges 12 et 15 septembre, 1 et 4 octobre

 

 

Julie et Baptiste Guinaudeau, propriétaire de Lafleur

 

Soyeux, élégant, avec de notes de fruits noirs mûrs mélangés aux épices avec une note torréfiée, vin complexe qui dégage beaucoup d’énergie, ses tanins sont onctueux avec une puissance modérée, finale est fraiche avec une longueur exceptionnelle.

19/20

 

Les Pensées de Lafleur (2e vin de Lafleur)

16,5/20

 

 

La Conseillante

11,79 ha sur le sol d’argile grise, graves sableuses reposant sur argile rouge.

Vendanges entre 19 septembre et 4 octobre

Assemblage : 83% M 17% CF

3% du vin dans l’assemblage est issu d’élevage en amphore, le but est d’augmenter le pourcentage d’amphores chaque année.

Net, précis avec la pureté de fruits noir, la cerise noire très juteuse, vin concentré sans extraction excessif, tout est maitrisé avec la race et l’élégance, vin est complexe, harmonieux, équilibré avec ses tanins juteux et sophistiqués et sa finale fraiche et longue.  

18,5/20

 

Et aussi :

 

Gazin

93% M 7%CF

18/20

 

Petit Village

10,5 ha sur le sol argilo-graveleux

Assemblage 75% M 18% CF 7% CS

17,5/20

 

Domaine de l’Eglise

95% M 5% CF

16/20

 

Le Plus de la Fleur de Boüard (Lalande de Pomerol)

2ha

100% M

16/20

 

 

 

 

 

 

Commentaires fermés sur Bordeaux primeurs 2018 – Volume 1 – Rive Droite #analyses #coups de cœur


Bordeaux : Primeurs 2016 #2 Rive Droite – Saint Emilion et Pomerol

Rive Droite, vendanges 2016, beaux merlots gorgés du soleil attendent les vendangeurs

Saint Emilion et Pomerol deux appellations phare de la Rive droite sont plantées essentiellement à 80% en merlot (cépage plutôt précoce) avec un peu de cabernet franc à 15% et un petit chouia de cabernet sauvignon, ont dû faire face en 2016 à une météo de tous les extrêmes. Tout d’abord un hiver et le printemps pluvieux et froids ensuite l’été extrêmement chaud et sec sans aucune goute d’eau pendant 80 jours jusqu’à mi-septembre ce qui a fortement favorisé les sols composés d’argiles et du calcaire.

Cette composition du sol agit comme une simple éponge, sans jamais déborder, offre une capacité incroyable d’approvisionner la plante en eau quasi « à la carte », ce qui a permis à la vigne pendant toute la période de maturation de ne pas trop souffrir ni d’excès d’eau ni de la sècheresse jusqu’à la fin de vendanges.

 

Oui, cette épisode pluvieux, inattendu et finalement miraculeux à la mi-septembre a redonné la vie à la plante et surtout lui a permis de retrouver et rééquilibrer les maturités physiologiques, retrouver des équilibres quasi parfaits en acidité et en sucres. Longue et douce maturation de raisins grâce à cette arrière saison saine avant et pendant la période de vendanges a donné aux raisins les structures tanniques élégantes, sans aucune agressivité, ensuite les jus très colorés , la fraicheur, préservé des acidités, au finale des vins concentrés, frais taillés pour une bonne garde.

 

Ces conditions climatiques exceptionnellement propices pendant les vendanges ont permis aux vignerons de récolter chaque parcelle au bon moment sans aucune précipitation et rentrer au chai la vendange parfait

Bien évidemment les jeunes vignes avec un enracinement pas assez profond ainsi que les terroirs plus sableux ou sablo-graveleux ont pu souffrir avec tous ces épisodes météorologiques extrêmes du 2016 (des longues périodes de pluie durant l’hiver et printemps, ensuite la sécheresse durant l’été et l’automne).  

 

Ce qui est importent à signaler, que les notes qui suivent ne sont pas figées, il y a encore d’autres vins sur la rive droite qui vont compléter cette liste, aussi ces notes vont sûrement évoluer dans le temps suite mes nombreuses dégustations de tous ces vins toujours en élevage, avant les mises en bouteilles.

Dégustations UGCB primeurs 2016 au Hangar 14

SAINT EMILION Grands Crus 2016

 

Balastard la Tonnelle

10,6 ha

Plateau argilo-calcaire

Fruits frais écrasés, bonne fraicheur, réglisse, léger boisé, finale minérale, gourmand.

17/20

 

 

Berliquet

9ha

Coteau argilo-calcaire

Net, soyeux, élégant, fruits noirs frais écrasés, réglisse, épices, belle profondeur, structure, tanins racé, enrobés, finale minérale, gourmand.

16,5/20

 

 

Beauséjour Héritiers Duffau-Lagarrosse

6,8 ha

Coteau argilo-calcaire

Note de fruits frais, cerise noire, quelques petits fruits noirs croquants, belle densité, profondeur, tout est précis avec une excellente fraicheur, belle buvabilité.

18,5/20

 

 

Canon

32 ha

Plateau argilo-calcaire

Toucher net, frais, fruits noirs frais, cassis, cerise noire, épices douces, note mentholé, belle présence, profondeur, structure tannique poudreuse, soyeuse, fraicheur et élégance.

19/20

 

 

Canon – La – Gaffelière

19,5 ha

Argilo-calcaire, argilo-sableux en pied de côte

Net, racé, fruits noirs frais, acidulés, réglisse, belle persistance, structure, épices douces, poivre sauvage, thé noir fumé, note mentholée, tanins racé, enrobés, élégance, finale poudreuse, fraicheur.

19/20

 

Cap de Mourlin

14 ha

Argilo-calcaire et argileux-siliceux

Net, réglisse, épices, boisé leger, tanins rustiques, quelques fruits noirs, longueur moyenne, très bonne fraicheur.

16/20

 

 

La Couspaude

7 ha

Plateau argilo-calcaire

Net, fruits noirs, boisé, réglisse, milieu puissant, serré, tannins racés, finale granulée.

17,5/20

 

Dassault

24 ha

Sables anciens siliceux et silico-calcaires

Toucher net, note boisée, réglisse, poivre blanc, fruits noirs acidulés, tanins granulés, légère sècheresse en finale.

16,5/20

 

La Dominique

29 ha

Sables anciens sur argiles, sols bruns argileux

Net, frais, fruits acidulés, petite amertume, réglisse, note boisée, structure tannique racée, finale granulée, fraiche.

17,5/20

 

La Gaffelière

19 ha

Coteau argilo-calcaire

Net, frais, fruits frais, épices douces, joli boisé, petite note torréfiée, structure tannique racée sans agressivité, tout est en place bien équilibré, belle fraicheur en finale, longueur.

18/20

 

 

Clos Fourtet

20 ha

Plateau argilo-calcaire

Fruits noirs frais, acidulés, réglisse, note fumée, the noir, puissant, persistant, bonne structure, fraicheur, tanins granulés avec une belle longueur.

18/20

 

Fonroque

17,6 ha en biodynamie

Net, explosion de fruits noirs mûrs et frais, belle rondeur, moelleux, tannins enrobés, profondeur, beaucoup de fraicheur, final acidulée, gourmand.

17,5/20

 

Franc Mayne

7 ha

Plateau et cote argilo-calcaire, pieds de côte argilo-sableux

Soyeux, fruits noirs frais, milieu tannique, légère sècheresse, extraction forte, finale, granulée, réglisse, note mentholée.

16,5/20

 

 

Grand Mayne

17 ha

Côte argilo-calcaire, pieds de côte argilo-sableux

Soyeux, fruits frais acidulés, note vanillée, réglisse, milieu très belle persistance, serré, tanins racés, enrobés, élégant, finale mentholée, vin racée.

18/20

 

Guadet

5,5 ha en biodynamie

Coteau argilo-calcaire

Toucher net, quelques baies de fruits noirs, note torréfiée, joli fond, présence, tanins enrobés, élégants, belle fraicheur.

17/20

 

Larcis Ducasse

11,15 ha

Coteau argilo-calcaire

Toucher soyeux, frais, fruits rouges, noirs acidulée, légère note épicée, au milieu belle profondeur, persistance, tanins racées, finale mentholée, fraiche.

18,5/20

 

Larmande

20 ha

Argilo-calcaire, argilo-siliceux, sables anciens

Soyeux, fruits noirs, épices douces, note poudreuse, tannins fins, arrondis, finale épicée, mentholée, gourmand et frais.

17/20

 

Pavie Macquin

15 ha

Plateau argilo-calcaire

Toucher net, frais, fruits rouges acidulés, note de réglisse, poivre sauvage, épices douces, bonne persistance, profondeur, structure tannique élégante, enrobée, finale mentholé, minérale, vins racé, serré, belle longueur et fraicheur.

18,5/20

 

Petit Val cuvée Muse du Val

3 ha

coteau argilo-calcaire

Toucher net, soyeux, note florale, fruits noirs acidulés, réglisse, note fumée, thé noir de Chine, tanins arrondis, finale mentholée, très bonne acidité.

17/20

 

Rol Valentin

7,3 ha

Coteau argilo-calcaire

Net, soyeux, fruits noirs écrasés, joli boisé, persistance aromatique, tannins enrobés, racés, belle structure, puissance modéré, finale fraiche, longueur, très belle réussite.

17,5/20

 

Trianon

10 ha

Toucher soyeux, grillé léger, jolis fruits mûrs, réglisse, bonne présence, tannins veloutés, fraicheur, bonne buvabilité, élégant et racé.

16,5/20

 

Soutard

30 ha

Plateau calcaire, coteaux argileux

Soyeux, net, fruits rouges acidulés, note granulée, belle présence, réglisse, tanins poudreux, finale minérale, frais, mentholée, gourmand.

17,5/20

 

La Tour Figeac

14,5 ha

Argilo-sableux, graves

Soyeux, frais, épices douces, poivre blanc, délicat, fruits noirs et rouges croquants, gourmand, structure tannique poudreuse, note mentholée, finale fraiche, ensemble très élégant.

17,5/20

 

Troplong Mondot

28 ha

Argilo-calcaire

Net, soyeux, élégant, fruits noirs croquants, petite note vanillé, tanins poudreux, note florale, mentholé, grande élégance, profondeur, finale fraiche, gourmand.

18/20

 

Trotte Vieille

11 ha

Plateau calcaire couvert d’argiles

Net, frais, fruits noirs acidulés, réglisse, épices douces, structure poudreuse, belle persistance, finale florale, tannins élégants poudreux, long et frais.

18/20

 

Villemaurine

7 ha

Argilo-calcaire

Fruits frais acidulés, écrasés, réglisses, épices douces, note florale, bonne acidité, finale poudreuse, belle persistance, longueur.

16,5/20

 

 

Dégustations primeurs UGCB, quelques Pomerols 2016 dégustés au Hangar 14

POMEROL 2016

 

Beauregard

17, 5 ha

Graves argileuses

Net, fruits frais, cerise noire, note florale, puissance modérée, profondeur, tanins racés, enrobés, gras, finale granulée, vin racé.

16,5/20

 

Le Bon Pateur

7 ha

Gravelo-argileux, gravelo-sablonneux

Toucher soyeux, fruits frais, petits baies noirs et rouges croquants, belle fraicheur, tanins rondes, enrobés, finale poudreuse, fraiche, petite note mentholée.

16,5/20

 

Bourgneuf

9 ha

Note florale, petits baies noirs, note épicé, léger boisé, tannins soyeux, enrobés, velours, joli moelleux, finale mentholés, frais, vin gourmand.

16,5/20 

 

La Cabanne

10 ha

Argilo-graveleux riche en crasse de fer

Net, fruits noirs frais, cerise écrasée, note poivrée, belle persistance, excellente fraicheur, tannins enrobés, finale poudreuse, mentholés, vin gourmand, belle réussite.

16,5/20

 

Clinet

11,3 ha

Argilo-graveleux

Net, frais, fruits noirs, baies rouges, belle persistance aromatique, tanins poudreux, finale fraiche, minérale, finesse et élégance.

15,5/20

 

La Croix de Gay

4,2 ha

Argilo-graveleux, sablo-graveleux, sous-sol riche en oxyde de fer

Net, fruits noirs frais, écrasés, réglisse, bois de cannelle, tannins racés, note vanillé, léger boisé, en finale note de réglisse, mentholé, vin racé.

15,5/20

 

Gazin

24 ha

Argilo-graveleux avec oxydes de fer

Toucher net, frais, minéral, fruits frais acidulés, belle persistance aromatique, profondeur, note poudreuse, tanins élégants, enrobés, note florale, extraction légère, en finale joli rondeur, frais, fait saliver, gourmand.

18/20

 

Petit – Village

10,5 ha

Argilo-graveleux

Toucher soyeux, fruits noirs écrasés, milieu acidulé, note de réglisse, poivre blanc, léger boisé, finale mentholée, fraiche, tanins arrondis, enrobés, belle longueur, excellente réussite.

18/20

 

La Pointe

23 ha

Graves, argilo-graveleux

Toucher net, note florale, végétale, petits fruits frais, mûr, note mentholée, réglisse, en finale léger boisée, fraicheur, longueur moyenne.

16,5/20

 

Bref rappel de la météo 2016 complètement déroutante, incroyable, de tous les excès qui fini dans sa perfection, par Thomas Duclos, oenologue conseil Oenoteam à Bordeaux, plus particulièrement sur la Rive Droite.

 

Adresses utiles :

http://www.ugcb.net

http://www.derenoncourtconsultants.com

http://www.grandcercle.fr

http://www.oenoteam.com

 

Commentaires fermés sur Bordeaux : Primeurs 2016 #2 Rive Droite – Saint Emilion et Pomerol



%d blogueurs aiment cette page :