Filed under: Bordeaux primeurs 2011, Saint-Emilion Premiers GCC, Vin | Tags: Bordeaux primeurs 2011, Saint-Emilion Premiers GCC, Vin
40ha
35%CS 35%CF 30%M
nez frais, épicé, bouche fruits rges croquants, suave avec des épices , réglisse, tannins élégants, excellent fraicheur, salinité
17,5
Ch Trotte Vieille
10ha
50%M 48%CF 2%CS
nez épicé, poivré, note florale légère, bouche réglisse, poivrée, toucher fin, belle densité, tanins bien travaillé, joli fraicheur
16,5
Ch Magdelaine
7ha
95%M 5%CF
nez discret floral, fruits frais, discret, attaqué suave, milieu très frais, structure tannique élégante, finale épicé avec une belle minéralité
16,5
Ch Belair Monange
9,5ha
90%M 10%CF
nez fruits noirs, réglisse, note poivrée, toucher fin, milieu belle douceur, tanins presque aériens, joli acidité en finale, finale poudreuse
16,5
Ch Beauséjour HDL
6,5ha
80%M 20%CF
nez vanillé, caramel, gingembre, attaque franche, fruits frais au milieu, réglisse, poivre blc et noir, finale très minérale, tanins poudreux
16,5
Ch Angélus
25,5ha
60%M 40%CF
note florale, discret, fruits noirs, toucher soyeux, riche, note épicé, florale, cerise noire, structure tannique bien travaillée, noté poivré, belle finesse de tanins, finale minérale
17,5
Ch La Gaffelière
16ha
90%M 10%CF
nez discret, encore un peu sur une note d’élevage, bouche serrée, structure tannique puissante sans agressivité, belle densité avec une fraicheur minérale
16,5
Ch Pavie
37ha
70%M 20%CF 10%CS
nez de fruits rges écrasés, attaque frais, milieu petits fruits rges, cassis, feuilles, note florale, épices, finale fraiche et digeste, plus fin, moins robuste, nouveau style ?
17
Ch Troplong Mondot
33ha dont 4,6ha en bio
85%M 5%CF 10%CS
petite note caramel, fruits rges murs, épices, attaque suave, au milieu petite note amère, structure tannique puissante, pas agressive, élégant, bonne longueur
17
Ch Canon
34ha
70%M 30%CF
note florale très discrète, réglisse, attaque suave, saline, belle finesse, concentration moyenne, note de réglisse, épices, on retrouve une bonne fraicheur en finale, un peu alcooleuse
16,5
Clos Fourtet
18ha
89%M 7%CS 4%CF
note de feuille fraiches, toucher fin, soyeux, milieu épicé avec quelques fruits rges et noirs frais, mûr, réglisse, en finale tanins assez puissants, mais élégants, belle fraicheur et minéralité
16,5
Ch Beau-Séjour Bécot
16,52ha
70%M 24%CF 6CS
nez réglisse, épicé, fruits noirs écrasés, petits fruits rges, fruits noirs frais, tanins soyeux, note poivrée, excellente acidité et salinité en finale
16,5
15ha
80%M 18%CF 2%CS
conduite de la vigne en biodynamie
nez de fruits noirs, cassis écrasé, toucher taffetas, fruits noirs murs, très belle densité, tanins soyeux, presque poudre fin, belle minéralité saline en finale, très digeste
17,5
Millésime 2011 à Pavie Macquin vu par Nicolas Thienpont
Filed under: Bordeaux primeurs 2011, Ch Ausone, Ch Cheval Blanc St Emilion 1er GCC, Saint-Emilion Premiers GCC, Vin | Tags: Alain Vauthier, Ausone 2011, Bordeaux primeurs 2011, Cheval Blanc 2011, Pierre Lurton, Saint-Emilion Premiers GCC
…les merlots sur calcaires et argiles sont colorés, profonds avec une belle fraîcheur et magnifiques cabernets franc pour compléter les assemblages…
Chaque année la dégustation en primeurs des Premiers Grands Crus Classés de Saint Emilion me donne quelques frissons. Certes, je suis en présence de grands vins, même de très grands, pour être précise et je me pose toujours la même question : est ce qu’ils vont être à la hauteur ?
A la hauteur de quoi ? De son millésime, de son cru, de son terroir, de son vinificateur ? Voilà ma vraie question !
Deux Vins, Deux Styles, Deux Hommes…
Château Ausone (StEm1erGCC « A »)
7ha
Vendanges fin septembre au 15 octobre
55% Cabernet Franc
45% Merlot
fermentation et cuvaisons 4 semaine en cuves bois
élevage 20 mois 100% bois neuf
production 18 000 blles
Aujourd’hui Ausone utilise Tri-baies, selon Alain Vauthier, c’est un outil extrêmement habile et précis dans des millésimes dit «difficile »
J’avoue que depuis des nombreuses années je déguste Ausone en primeurs et je n’ai jamais vraiment rencontré aucune déception avec ce cru. Même dans des millésimes difficiles il s’en sort toujours bien, à la hauteur de son devoir…
2011 paraît profond, riche, droit, avec un équilibre acidité/fruits/tanins parfait et une fraicheur nette en finale, c’est le classicisme qui règne… Comme dit très justement Pauline Vauthier, qui s’investit de plus en plus à coté de son père pour Ausone, les cabernets franc étaient vraiment exceptionnels en 2011… !
19,5/20
Chapelle d’Ausone
60% Merlot
30% Cabernet Franc
10% Cabernet Sauvignon
production 8000 blles
30% de la production totale avec 60% pour le premier vin (Ausone)
Son aspect suit parfaitement le premier vin avec une approche plus facile mais parfaitement structurée, à ne pas confondre avec la notion simpliste.
Château Cheval Blanc (StEm1erGCC « A »)
Vendanges du 6 au 28 septembre
52% Cabernet Franc
48% Merlot
Le cycle de la vigne fût très précoce avec débourrement fin mars, la floraison mi-mai sur les deux cépages, La mi-véraison fin juillet pour le cabernet franc fût également la plus précoce enregistrait à Cheval. Les conditions climatiques exceptionnelles de septembre permettent d’attendre la maturité parfaite dans chaque de 44 parcelles. Surtout celles de cabernets franc plus tardifs. Sur les sols graveleux et argileux les baies sont plus riches en composés phénoliques que la moyenne sur les six dernières années. Ce qui s’explique par le poids des baies plus faible. En revanche sur les sols sableux les valeurs sont quasi identiques. Ce qui est aussi exceptionnel et inhabituel que les cabernets franc sont plus sucrés, plus riches en composés phénoliques que les baies de merlots.
Le tout nouveau chai de Cheval inauguré en juin 2011 tombe à pic pour son baptême avec un millésime difficile et imprévisible. Grâce à ce nouveau outil ultra performant, chaque de 44 parcelles a pu profiter d’une vinification très précise et individuelle.
A la dégustation le résultat est concluant :
Toucher de bouche soyeux, belle densité, précision dans son équilibre, note florale et fruité, tanins nobles avec une finale longue sur le signe d’une grande fraicheur.
19/20
Petit Cheval
75% Merlot
25% Cabernet Franc
20% de la production totale avec 65% pour le premier vin (15% écarté pour le vrac)
Frais, net et précis avec le jolis fruits et texture généreuse.
Filed under: Bordeaux, Bordeaux primeurs 2011, Vin | Tags: Bordeaux primeurs 2011, Denis Dubordieu, Météo 2011, UGCB
Comme à l’accoutumée, chaque année pendant la semaine de primeurs organisée par l’UGCB (Union des Grands Crus de Bordeaux présidée par Sylvie Cazes), le Prof. Denis Dubourdieu présente et décortique le millésime en question. Cette année c’est 2011 qui est passé au crible. Ca conférence a eu lieu dans le chai du Château La Lagune où Denis Dubourdieu avec son aura et son aisance sans paire, présente la climatologie étrange du 2011 avec toutes ses conséquences imprévisibles. En deux mots, c’est un millésime sans printemps, directement de l’hiver à l’été pour une éclosion des bourgeons fin mars et une floraison exceptionnellement précoce mi-mai.
Mais il faut quand-même nuancer tous ces propos.

Les conditions qui font la qualité d’un bon millésime de rouges à Bordeaux c’est tout d’abord une floraison précoce et rapide, avec un début d’une contrainte hydrique à la nouaison avant la véraison. Avec ralentissement de la croissance grâce à un climat chaud et sec. Ces deux conditions étaient pleinement satisfaites à la mi-juin 2011.
Sur les sols de graves à faible réserve hydrique, la sècheresse était persistante, en revanche à ce stade pas vraiment préoccupante. Mais l’exceptionnelle précocité du cycle végétatif suscitait une réelle inquiétude. Fin juin avec les températures très élevées, certaines grappes furent complètement brulées. Le cabernet-sauvignon sur les sols les plus secs subit les pertes importantes allant même jusqu’à 20% des baies. Le merlot, plus sensible à la sècheresse que les cabernets fût curieusement moins abimé, surement grâce à son feuillage plus important, plus large permettant une protection plus importante contre les brûlures du soleil. Le mois de juillet se présentait avec des températures plus basses que la moyenne. Le manque de soleil avec le déficit de la durée d’ensoleillement se fit fortement ressentir. La pluviométrie fût plus importante à Pessac, dans les Graves et dans le Sauternais que dans le Médoc ou à Saint Emilion.
En conclusion une véraison précoce vers la mi-juillet en situation de forte contrainte hydrique. Sur tous les bons terroirs la croissance de la vigne était arrêtée sous l’effet d’une forte contrainte hydrique. Elle était quelques fois excessive, comme par exemple pour les merlots, ceux sur les sols de graves et de sables, sols les plus secs. La floraison et la demi-véraison étaient beaucoup moins groupées. En revanche, la véraison de grappes brulés fin juin se passait très mal, il fallait totalement éliminer ces «grappes arlequin » pour préserver la qualité du millésime. On constatait une maturation de cépages rouges lente et irrégulière avec un mois d’août automnal et un mois de septembre particulièrement chaud et sec. Sans oublier ce violent orage de grêle du 1er septembre qui ravagea une partie de Saint-Estèphe. Pendant cette dernière période les nuits étaient fraiches et les journées bien ensoleillées, laissant le temps aux cabernet-sauvignons de mûrir tranquillement et d’atteindre la teneur en anthocyanes élevée.
Les vendanges de blanc sec débutent à la mi-août pour s’achever début septembre. Les moûts blancs avaient les teneurs en sucre un peu plus faible, des acidités plus élevés, et des pH plus bas. La précocité de 2011 tenait à la chaleur du printemps. La période de maturation plutôt fraiche des blancs détermina la belle acidité et l’éclat aromatique des sauvignon et sémillon sur leurs terroirs de calcaires et d’argiles.
Les vendanges de merlots débutent le 5 septembre, celles de cabernets le 12 pour s’achever fin septembre et début d’octobre. Le temps chaud et sec à partir du 10 septembre évite un développement de la pourriture grise, mais il fallait être très vigilant. Les baies sont en général plus petites et riches en anthocyanes. Les teneurs en sucre des merlots sont plus modérées qu’en 2009 et 2010, en revanche celles de cabernets sont comparables à 2010.
Les vendanges dans le sauternais débutèrent fin août pour un « tri de nettoyage ». Une véritable pourriture noble (botrytis) s’installe après les pluies du début septembre et grâce aux brouillards matinaux pendant la première décade de septembre.
A partir du 8 septembre les températures dépassent même 30°C provocant une concentration en sucres extrêmement rapide.
Dans ces conditions sous un climat chaud et sec peu de tris suffisaient à rentrer l’intégralité de la récolte avec une pourriture noble d’une qualité rare.
Conclusion générale :
Les blancs secs sont aromatiques, denses, longs avec une bonne acidité
Les rouges plus difficiles, plus hétérogènes, avec les merlots sur les calcaires, et les argiles sont colorés, profonds avec une belle fraîcheur.
Les cabernets francs de la Rive droite sont magnifiques.
Les rouges de la rive gauche sont structurés grâce aux quelques remarquables cabernets sauvignons, mais hélas avec les volumes très faibles.
Pour finir les Sauternes et Barsac sont exceptionnels.
Filed under: AOC Languedoc, Faugères, Vin | Tags: AOC Faugères, AOC Languedoc, CIVL, Millésime en Languedoc, Sud de France
Il y a quelques jours, j’ai participé à une belle manifestation, très languedocienne et sudiste, intitulée « Millésime en Languedoc » et organisé par le CIVL et Sud de France. Il s’agit d’une réunion annuelle, de celles déjà inscrites dans les annales et qui ne se ratent en aucun cas.
Pour une dégustatrice comme moi, elle est très intéressante dans la mesure où elle donne la possibilité de pouvoir passer au crible les derniers millésimes languedociens en les mettant côte à côte, appellation par appellation. De plus, cette année, tout s’est déroulé dans le cadre idyllique du Château les Carasses à Quarante non loin de Béziers.
Nous avons surtout dégusté les millésimes 2009 et 2010, avec un aperçu de 2011 ainsi que quelques 2008 et même quelques 2007. Un très joli panel pour se donner une idée de la progression de ces quelques domaines.
C’est toujours une expérience extrêmement enrichissante car pendant les repas on peut rencontrer les vignerons des différentes appellations et échanger directement avec eux sur les dernières impressions sur les millésimes et la dégustation.
Aujourd’hui, j’aimerais m’arrêter tout particulièrement sur une Appellation que je suis depuis de nombreuses années et à laquelle j’ai une attache très personnelle. En plus, cette année, elle souffle ses 30 bougies. Oui, vous avez bien deviné, il s’agit de l’AOC Faugères (AOC depuis 1982).
L’AOC Faugères se situe au nord de Béziers et de Pézenas, à environ 300m d’altitude sur un terroir magique de schistes. Il est issu de plusieurs mouvements géologiques dont les premiers datent de l’ère primaire. Ce terroir de schistes est produit par la compression des argiles et des sables accumulés pendant des millions d’années au fond de la mer. Les schistes de Faugères sont très filtrants avec une capacité de bien drainer l’eau qui permet à la vigne de résister aux chaleurs estivales du climat méditerranéen. De plus ils sont peu fertiles et très acides. C’est une mosaïque de couleurs et de nuances allant de jaunes, ocres, orangés, bleus ou gris jusqu’à noir ou graffite. C’est peut être aujourd’hui le terroir le plus homogène de toute les appellations languedociennes.
Grand Zoom sur AOC Faugères
Sept villages : Autignac, Cabrerolles, Caussiniojouls, Faugères, Fos, Laurens, Roquessels
1943ha
53 caves particulières
1 cave coopérative
70 000hl production annuelle
31hl/ha rendement
Cépages : Syrah, grenache, mourvèdre, carignan, cinsault (rouges et rosés)
Roussanne, grenache blc, marsanne, vermentino (blancs)
Ch des Peyregrandes cuvée Marie-Laurence 2007 (grenache, syrah, mourvèdre)
Dom de l’Ancienne Mercerie cuvée Couture 2009 (carignan, grenache, syrah)
Dom de Cébène cuvée Felgaria 2009 (mourvèdre, syrah)
Dom de Cébène cuvée Felgaria 2010 (mourvedre, syrah)
Ch des Estanilles cuvée Inverso 2010 (mourvèdre, syrah, grenache)
Mas Gabinèle cuvée Mas Gabinèle Rarissime 2010 (syrah (90), grenache, mourvèdre)
Abbaye Sylva Plana cuvée Le songe de l’Abbé 2010 (syrah, grenache, carignan, mourvèdre)
Voyage presque complet dans AOC Faugères à apprécier sans modération… ICI…
Filed under: la Romanée Conti, Petrus, Vin, Vin mythique / Terroir mythique | Tags: Gérard Vié, terroir mythique, Trianon à Versailles, vin mythique
Je termine cette première série de témoignages et interviews sur le sujet de ”vin et terroir mythique” avec celui de Gérard Vié qui n’est pas une personnalité du monde du vin, mais une Grande personnalité du monde de la Haute Gastronomie. En fait, le vin et la gastronomie sont toujours lié plus qu’à jamais…
Gérard Vié, ancien chef étoilé (2* Michelin) de “Trois Marches” au Trianon à Versailles, aujourd’hui c’est un restaurent de Gordon Ramsay (2* Michelin). Gérard Vié reste toujours copropriétaire du Potager du Roi à Versailles et Consultant International. Il parle avec ses expériences personelles et anecdotes de la notion vin et terroir mythique…
« Je vous fais une réponse singulière, pour moi un « vin mythique » est tout d’abord une expérience personnelle, je vous parlerai de Haut Marbuzet, Saint Estephe, pour moi il est mythique, parce que c’est un vin de ma famille, c’est un vin de mon enfance, c’est un vin de mes premiers émois… Quand nous nous sommes installés au Trianon à Versailles, on a toujours suivi ce vin. Evidemment, il n’est pas à la hauteur d’un Latour, ou d’un autre Premier Grand Cru Classé ! Mais, si vous voulez, pour moi, il est toujours un « mythique », parce que c’est un vin de mes souvenirs et je trouve ça extraordinaire… quand on aime quelque chose, on lui trouve toutes les vertus…
Si on parle de quelque chose plus Grand, je vous parlerai sûrement de Petrus et de la Romanée Conti. Petrus… J’ai un souvenir extraordinaire…! Je connaissais un restaurateur, ici à Versailles, qui avait sur sa carte les magnums de Petrus à de prix dérisoires, à l’époque un magnum coûtait 600 francs, c’était rien du tout, c’était extraordinaire ! En plus, il n’en vendait pas beaucoup, il en avait 60 dans sa cave. Un jour je lui ai demandé, s’il acceptait un deal. Il s’agissait de réserver une table tous le lundis soir avec mes amis et prendre un magnum de Petrus à table. Au bout de quelques mois on a commencé à sympathiser et il a peut-être compris que ces bouteilles il pouvait les vendre beaucoup plus cher. Un lundi soir il me dit : dites donc, vous m’avez pris pour un imbécile avec les Petrus ! Je garde tout ce qui reste… En fait il lui en restait encore 40. Je lui ai demandé une faveur, comme cette année là je fêtais mes 50 ans, donc j’ai invité chez lui 80 chefs, tous les copains, nous avons bu les 20 magnifiques magnums de Petrus à table, c’était un souvenir exceptionnel…!
Pour la Romanée Conti, j’ai un souvenir anecdotique, c’était dans les années 90. Un jour j’étais invité, je me souviens, avec Bernard Loiseau et d’autre copains chefs à une dégustation exclusive, à une petite verticale d’une dizaine de millésimes de la Romanée Conti. C’était le « Cadeau de Dieu », nous avons même gouté des vieux crus. C’était une chance exceptionnelle, ce sont les Vins de Dieu, inoubliables… »
Filed under: Bordeaux, Saint Emilion GCC, Vin, Vin mythique / Terroir mythique | Tags: Cheval Blanc 47, Petrus, terroir mythique, vin mythique
Laurence Brun (Gérant et Directeur de Château Dassault Saint Emilion GCC) dévoile sa version intéressante et très personnelle de la notion vin / terroir mythique…
« La première catégorie, c’est le vin mythique qui est historiquement mythique. C’est-à-dire que ça n’est pas moi qui l’ai rendu mythique mais les gens qui par l’histoire, de génération en génération – donc un phénomène de durée automatiquement, un phénomène de rareté sûrement – ont placé ce vin dans une catégorie de quelque chose qui est difficile à acquérir, difficile à approcher et qui ne peut engendrer que du plaisir. On a l’impression que c’est obligé d’avoir du plaisir avec ces vins là. Parce que la rareté, et le terroir bien évidemment.
La deuxième chose du vin mythique pour moi c’est quel est le vin qui pour moi… Quel est le vin que j’ai préféré dans ma vie et qui m’a donné la chair de poule, qui a fait que dans ma vie je me souviendrais de ce vin plutôt qu’un autre. Pour moi, c’était une expérience avec papa, avec du Cheval Blanc 47, j’ai eu de la chance de boire ça ! C’est une expérience personnelle que peut-être je ne retrouverai plus, c’est lié à moi, à ma personne, à un moment dans ma vie et c’est un souvenir qui est dans ma tête et restera à jamais… Mais après si on parle de vin mythique, c’est quelque chose qui doit rester dans une dimension générale pour tout le monde. C’est donc le terroir, c’est la puissance et l’émotion qu’un terroir peut donner. C’est cette émotion donnée par un côté un peu unique qu’on ne trouve pas dans un autre vin.
Le facteur humain est très importent aussi, bien sûr. Est-ce que le terroir suffit ? Est-ce le terroir plus le facteur humain ? Est-ce que si on parle de Petrus, comment Petrus existe ? S’il n’y avait pas eu les hommes pour le mettre en avant et faire valoir ce terroir, est-ce que Petrus serait ce qu’il est aujourd’hui, avec toute la notoriété et le fait qu’il soit demandé dans le monde entier ? A un moment donné, il y a donc le facteur humain, de gens qui ont travaillé dans la propriété et qui ont su mettre en avant le terroir à ce moment là. Mais s’il y a un facteur humain et qu’il n’y a pas le terroir… Il faut vraiment les deux, sinon tu ne peux pas avoir un vin mythique… Il y a un tas de propriétés qui ont des gens qui font un super beau boulot, mais s’il n’y a pas le terroir… ça va être de l’émotion, bien sûr, çà va être bien fait, mais… il n’y aura pas le petit plus qui fait que tout d’un coup… Tu sais quand tu as le vin en bouche, l’amplitude et la longueur… C’est ça aussi. Et la dimension humaine est importante mais elle ne fait pas tout, il faut vraiment les deux. Et le terroir, c’est pareil, s’il est là, tout-seul, et qu’à un moment donné il n’y a personne qui a su le mettre en avant… Il peut passer à côté… »
Filed under: Vin, Vin mythique / Terroir mythique, Vins de Toscane | Tags: Marquis Piero Antinori, terroir mythique, vin mythique, Vins de Toscane
Marquis Piero Antinori (26ème génération de vignerons-propriétaires en Toscane et d’autres régions viticoles italiennes, Président de la société familiale Marchesi Antinori SRL à Florence) nous révèle ses propos avec une aisance et la grâce naturelle sur le vin et terroir mythique…
« Moi, je pense que quand quelqu’un boit un grand vin, il doit commencer à rêver aussi, à ce qu’il y a derrière la bouteille. Le vin doit évoquer tout un monde, qui est la beauté du paysage, l’histoire, la culture, la gastronomie… Et je pense qu’un grand vin doit être capable d’évoquer tout ce monde merveilleux, car au fond tous les grands vins sont produits dans des paysages incroyables. Je ne sais pas pourquoi… Peut-être des coïncidences. Mais quand je voyage, je visite les grands vignobles du monde, ils sont tous situés dans des endroits merveilleux. Et alors je pense que quand on boit un grand vin, quand on déguste un grand vin, si c’est vraiment un grand vin, il doit être capable d’évoquer la beauté du paysage, l’histoire, le côté humain, les personnes qui travaillent dans les vignes, dans les caves depuis des générations et des générations, de père en fils, quelque fois pour des siècles… Et donc, je pense qu’un grand vin devrait être capable de donner à qui le déguste une sensation agréable du point de vue “hédonistique”, esthétique, le goût, mais aussi un peu intellectuelle : savoir comment ce vin a été fait, qui l’a fait, les personnes, l’histoire de l’endroit où on l’a fait, les différences climatiques… L’amplitude… »
- Que pensez vous du facteur humain ?
« Je pense qu’un grand vin, pour être grand, doit avant tout avoir de la personnalité. Pas seulement la personnalité donnée du terroir (de la terre, du climat) mais aussi du producteur. Un grand vin devrait représenter aussi la personnalité du producteur. Donc c’est vrai, le facteur humain a une importance fondamentale.»
- Les plus grands vins pour vous ?
« Je suis un « traditionaliste » donc, j’aime naturellement beaucoup les grands vins de Toscane, ça va sans dire. J’ai toujours été habitué à les boire depuis que j’étais enfant. Mais j’aime aussi beaucoup de vins d’autres régions et d’autres pays. Je suis un grand admirateur des grands vins de Bordeaux. Tous les grands crus… comme Mouton Rothschild... mais il y en a un, que j’aime beaucoup, parce que j’ai dégusté des millésimes extraordinaires qui m’ont émus, c’est la Mission Haut Brion, j’aime beaucoup son style.
En Bourgogne, j’aime avant tous les blancs. Ce sont les plus grands vins blancs du monde, sans discussion ! Mais aussi les grands Bourgogne rouge, je dois dire que j’aime beaucoup, surtout quand ils sont vieux. Parce que, une chose étrange, les grands Bourgogne rouge vieux prennent un caractère qui est très, très proche du caractère des vins de Chianti Classico très vieux. Quand c’est très vieux, 20 ans, 25 ans… Mais c’est étrange, quand ils sont jeunes ils sont très différents, oui, quand ils sont vieux, pinot noir et sangiovese, se ressemblent. »
- Avez vous eu l’occasion de goûter les très, très grands Bourgogne ?
« Oui, de la Romanée Conti. C’est mythique, c’est unique. J’ai eu l’occasion de déguster des vins extraordinaires de la Romanée Conti, mais aussi d’autres vins, mais ça, c’est le top. J’aime les Bourgogne ! La Romanée Conti, est un vin exceptionnel qui a gardé la qualité, la réputation, ce n’est pas la question d’une année, d’un millésime, c’est millésime après millésime. C’est là où on voit la qualité, la constance, c’est là où ça fait vraiment la différence. Il y a beaucoup de vins qui dans une année, d’un millésime particulier sont extraordinaires, mais c’est une exception. Tandis que pour la Romanée Conti, pour le domaine en général, il y a une grande qualité de terroir, terroir exceptionnel… »
- Mais aussi le facteur humain…
« Mais quand je dis terroir, pour moi ça veut dire la terre, le climat, le cépage, mais aussi le facteur humain. Ça fait partie du terroir dans son ensemble. C’est pour ça que le nom terroir on ne peut pas le traduire dans sa signification complète, c’est un tout. »
Filed under: Ch Ausone, Saint Emilion 1er GCC, terroir mythique, Vin, vin mythique, Vin mythique / Terroir mythique | Tags: Ch Ausone, terroir mythique, vin mythique
« Pour moi c’est le terroir, qui fait le grand vin. Avec tous les châteaux dans notre famille, j’ai cette chance de travailler sur tous les types de terroirs, des sables aux argilo-calcaires d’Ausone. Donc, il n’y a pas de secret, ce qui fait un Grand Vin, c’est le terroir ! On vinifie tous nos vins de la même manière, tout est tenu de la même façon, et c’est qu’à Ausone que les raisins ont un goût vraiment exceptionnel et différent de autres. Ils mûrissent beaucoup mieux, ils sont plus gourmands et tout ça vient de son terroir. Un « vin mythique » provient forcément d’un grand terroir. Je ne peux pas faire du Ausone dans des sables, sinon ça se saurait… (rire). Pour moi c’est la base. Après il faut se servir de ce terroir viticolement parlant pour essayer d’en extraire le meilleur. Ensuite au niveau de la vinification ça se fait tout seul, on ne fait rien d’exceptionnel, tout est très basique, très naturel. Le facteur humain est très important bien sûr, on remarque que depuis 10 ans au niveau viticole beaucoup de choses ont changées. Maintenant à Ausone on prend la vigne comme un petit jardin, donc on intervient plusieurs fois par an, on chouchoute chaque pied de vigne. Chaque pied de vigne est unique, donc on prends soins de bien l’effeuiller, le vendanger en vert, repasser encore une fois s’il faut avant les vendanges… Oui le facteur humain compte, il aide à améliorer, à faire toujours mieux, toujours quelque chose de meilleur. On peut encore et toujours augmenter nos compétences, car plus les années passent, plus les techniques s’améliorent, on trouve de nouvelles choses à faire. Dans l’absolu, la vigne pourrait faire toute seule, mais en intervenant on fait toujours le meilleur ».
Filed under: Ch Ausone, Saint Emilion 1er GCC, terroir mythique, Vin, vin mythique, Vin mythique / Terroir mythique | Tags: Alain Vauthier, Ch Ausone, St Emilion 1er GCC, terroir mythi, vin mythique
« Pour moi un terroir mythique c’est un terroir qui est chargé d’histoire et ce sont souvent les lieux qui par leur micro climat, par leur vue, par leur emplacement étaient les plus agréables et qui ont été occupés en premier. Il y a eu une occupation préhistorique, une occupation du temps des Romains et c’est ça pour moi le terroir mythique. La production d’un vin mythique, c’est l’homme qui a adapté les cépages, qui a adapté les techniques pour tirer le meilleur parti de ce micro climat et de ce sol favorable. Il peut y arriver des « éclipses » s’il y a un travail moins soigné, mais ça ne dure pas très longtemps, car les terroirs mythiques sont toujours repris en main, ce sont des cycles et statistiquement ils dominent et ils continueront à dominer.
Le facteur humain, c’est d’arriver à trouver les techniques, les pratiques viticoles, car c’est surtout de la viticulture, qui convient le mieux à ce lieu et à ce sol.
L’homme est très important dans sa caractéristique historique. Dans les terroirs mythiques, on a l’avantage de bénéficier de plusieurs siècles d’expériences. Et les Bourguignons, c’est extraordinaire, ils ont sélectionné le cépage Pinot Noir qui fonctionne remarquablement bien dans la Côte de Nuits. A l’intérieur du Pinot Noir ils ont sélectionné des pieds qui étaient plus favorables pour faire des vins de garde et pour pouvoir avoir des grands vins, et ça c’est long, c’est lent, et il faut du temps… L’homme travaille pour toujours améliorer la qualité. La technique permet d’aller vite mais ça ne remplace pas l’histoire et le temps qu’il a fallu pour adapter les techniques à un écosystème particulier.
- Et Ausone dans tout ça ?
Ausone, ce n’est pas moi, ce n’est pas Pauline, Ausone on le trouve depuis toujours, et au 16e siècle le terrain valait très cher, car ça fonctionnait bien. Et il y a un critère, on se rend compte qu’à chaque fois, quand il y a des crises économiques, les terroirs mythiques souffrent beaucoup moins que les autres terroirs. Et après, c’est comme un bon cheval, les grands terroirs résistent à tout. Pauline, elle a acheté un cheval de concours hippiques, et il y va… avant, elle avait « une saucisse », qui était dure, maintenant elle a un bon cheval et au final, la limite ce n’est pas le cheval, c’est elle… !
Les Grands Terroirs, c’est pareil, et je peux parler librement, car dans la famille on a différents vignobles et il y a des terroirs où on travaille, on travaille, on travaille, mais le potentiel… on plafonne… Alors qu’à Ausone on travaille et ça répond aussitôt. Un peu comme une Ferrari, on appuie, ça démarre… et voilà…
Un grand terroir c’est statistique, ça se voit dans les mauvais millésimes, ça se voit dans les années difficiles, les grands terroirs marchent mieux. Quand on a goûté à un grand terroir, on n’a plus envie de travailler dans des terroirs secondaires. Ce qui m’attriste actuellement, c’est que dans le prochain classement de Saint-Emilion ils ont gommé la notion de « terroir », elle n’intervient plus et l’histoire non plus. C’est juste une dégustation à l’aveugle et quand on connait les aléas de cette dégustation, c’est pour moi une catastrophe, on remet en cause trois siècles d’histoire. On prend une technique style concours général agricole ou médaille de la Wine Fair quelconque, je trouve ça délirant… on bafoue l’histoire, on bafoue les terroirs… L’histoire surtout, et ça, ça me gêne. Parce que, regardez, les crus classés de Saint-Emilion qui ont été classés en 1955, ça correspondait à une hiérarchie qui n’était pas si mal faite que ça. Et chaque fois qu’un cru a une éclipse, parce que les propriétaires font pas ci, ne font pas cela, … Derrière il y a une reprise et on voit le rang qui est repris aussitôt. Alors, que dans les terroirs secondaires, c’est quasiment impossible, même si on travaille, même si on travaille, c’est trop dur… »
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Voici les propos de Pierre Lurton, gérant et directeur du Château Cheval Blanc et PDG du Château d’Yquem…
« Je me suis souvent posé la question de savoir pourquoi il y a des endroits privilégiés sur la Terre ? Je me suis rendu compte, que c’était souvent la rencontre à la fois d’un grand terroir, la rencontre d’une climatologie, mais aussi la rencontre d’hommes qui sont en symbiose avec tout ça, au titre d’une politique élitiste. Et ces décors ne se sont pas mis en place comme ça, du jour au lendemain, je suppose… Tout de même, il y avait des bonnes fées qui étaient là, et le terroir en premier lieu. Il est fondamental pour faire des grands vins et des grands tanins, pour qu’ils aient une grande élégance et une grande subtilité, qu’ils aient les terroirs, qui aient suffisamment d’exposition et de régulation intelligente de l’eau pour que la maturité des raisins soit parfaite. Mais, il faut aussi des hommes qui aient la légèreté de les comprendre, une grande humilité pour les servir, et qui, effectivement à partir de là, sont capables de composer comme d’un bel instrument, de prendre tous les risques pour sublimer la matière. Quand il se fait une symbiose entre un terroir et les hommes, il se fait une connaissance tellement importante qu’on va au delà du geste, et le geste devient encore plus élégant. En fait, on travaille l’élégance du geste, on travaille une certaine perfection, un certain équilibre, une certaine harmonie, qui aboutit à un résultat que nous connaissons de ces grands vins. Je pense, que c’est une affaire d’expérience, de savoir faire, comme une couture qui se fait à la main chez Hermès ou chez Vuitton, c’est finalement le travail de l’homme qui se fait sur une matière première de qualité. Car, il faut une matière première de qualité et quand on rencontre les deux, on arrive souvent au sublime, à l’excellence »
Je vous invite à la visite virtuelle du nouveau chai de Château Cheval Blanc 1er GC Classé “A” par architecte Christian de Portzamparc en un seul CLIC…



























